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Grand Prix de France Angers 2025 - Interview Célina Fradji, Jean-Hans Fourneaux et François Pitot : Pleins d’espoir !

© Kate Royan
François Pitot, Célina Fradji, Jean-Hans Fourneaux © Kate Royan

(Please scroll down for English version)

Pour eux trois, la compétition proprement dite ne commence que demain. Ils sont présents ce vendredi à la patinoire pour encourager les couples et les individuelles françaises. Nous en profitons pour leur poser quelques questions.

Patinage Magazine : Célina et Jean-Hans, comment s’est passée la transition en catégorie senior ?

Célina Fradji : C’est un changement important qu’on a senti dès le début de saison. Nous avons pris nos marques et décidé de ne pas se laisser impressionner. En fait c’est très excitant ! (Jean-Hans hoche avidement de la tête pour confirmer.)

P.M. : Vous avez combien de compétitions à votre actif cette saison ?

Jean-Hans Fourneaux : Après les Masters, nous avons participé à deux Challenger Series : un à Bratislava (Nepela Memorial) et un en Géorgie (le Trialeti Trophy). Nous avons obtenu des scores supérieurs à ceux des Masters, donc nous étions plutôt contents. Nous avons bien progressé depuis fin août, mais nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour travailler entre ces deux Challengers. Nous avons quand même enregistré notre Season Best en Géorgie (165.37) avec une sixième place.

P.M. : Qui choisi vos musiques de programmes ? Votre entraîneur Karine Arribert ou vous ?

Célina : C’est généralement Karine qui propose, mais avant elle nous demande de la guider dans la direction où nous souhaitons aller. Nous n’avons jamais dit “nous voulons absolument cela”.

Jean-Hans : Nous avons plutôt tendance à proposer une énergie qu’un titre. En retour, elle, propose un package avec plusieurs musiques.

Célina : Pour la danse libre, elle nous a parlé de Chopin et c’est vrai que c’est pile dans notre style. Nous avons tout de suite adoré. Pour la danse rythmique le thème requis est “high energy”, et notre choix commun s’est porté sur Destiny’s Child, l’ancien groupe de Beyoncé.

Jean-Hans : Les morceaux sont assez connus et rentrent bien dans le cadre imposé.

P.M. : Entre Chopin et Destiny’s Child, il y a un univers entier…

Célina : C’est justement le défi. Le but c’est de montrer qu’en tant que patineurs, nous pouvons tout faire. Personnellement, je suis beaucoup plus à l’aise sur la danse libre, sur tout ce qui est lyrique, mélancolique. J’ai plus de travail à effectuer pour la R.D.

P.M. : Qui s’est occupé de vos chorégraphies ?

Célina : Là aussi, c’est une sorte de package : Karine, Mahil (Chantelauze), Tiffany Zahorski qui nous a accompagnés en Géorgie. Tiffany nous partage son expérience en tant qu’athlète, c’est hyper agréable.

P.M. : Quand tu dis que tu préfères les musiques lyriques et mélancoliques, c’est parce qu’elles correspondent mieux à ton caractère ? Tu n’as pas l’air du tout mélancolique… (rires)

Jean-Hans : Non, c’est ce qu’elle a le plus de facilité à exprimer naturellement sur la glace.

Célina : C’est vrai que j’ai ça en moi depuis que je suis très jeune. J’aime ce qui est contemporain et poétique.

Jean-Hans : J’ai tendance à préférer notre danse rythmique. Je suis à l’aise dans tout ce qui est tonique. La danse libre requiert beaucoup de technicité et c’est parfois un peu dur pour moi. Célina et moi sommes très complémentaires sur la glace.

P.M. : En dehors du patinage, vous poursuivez des études ?

Jean-Hans : Nous sommes tous les deux à l’Université de Grenoble. J’étudie la psychologie.

P.M. : La psychologie générale ou sportive ?

Jean-Hans : Je n’en suis qu’au début, donc c’est un cursus global.

Célina : Pour moi, ce sont les métiers de l’entreprenariat.

P.M. : Vous descendez sur place ou tout se passe en virtuel ?

Célina : Je suis à Grenoble tous les lundi, et le reste du temps en virtuel.

Jean-Hans : C’est un système hybride qui nous arrange parfaitement.

François a écouté patiemment ses camarades, il est temps de nous pencher sur son cas !

P.M. : Pouvons-nous parler des qualifications olympiques de Milan ou c’est LE sujet tabou ? (rires)

François Pitot : Non, pas du tout, on peut en parler !

P.M. : Tu as réalisé un très bon programme court, ensuite que s’est-il passé ?

François : J’ai effectué un faux départ et éclaté mon Salchow. La vraie contre-performance. Peut-être un peu de stress, je ne sentais pas mes jambes. C’était à ma portée, je ne stressais pas de ouf dans ma tête, mais c’était un stress physique qui se répercute sur le corps. C’est vraiment bizarre car dans ma tête, j’étais très bien, je faisais une bonne compétition.

P.M. : Tu t’entraînes toujours avec Romain Ponsart ?

François : Oui et ça se passe très bien. Il y a déjà trois ans que je travaille avec lui. Romain est toujours très calme, je ne l’ai jamais entendu élever la voix une seule fois, même avec les petits du club. Parfois je vois leur comportement, et je me dis “aïe aïe”… Mais lui ne s’énerve jamais. La carrière de patineur de Romain est relativement récente, il a encore beaucoup de ressenti sur les quads et les autres sauts. Il met beaucoup de son vécu dans son enseignement, c’est très agréable, important et précieux aussi.

P.M. : Tu fais des études toi aussi ?

François : Je n’ai pas le temps. Pour moi c’est patinage, patinage et encore patinage ! (rires)

P.M. : Question rituelle : comment as-tu choisi tes programmes ? (“Dig Down” de Muse, et un medley des Beatles, les deux arrangés par Cédric Tour)

François : Elles ont été choisies par Benoît Richaud, mon chorégraphe. J’avais quelques idées que je lui ai soumises, mais lui avait les siennes et elles ont prévalu.

P.M. : Tu as un objectif précis pour ce Grand Prix ?

François : L’objectif principal est de faire un bon score et de prendre ma revanche sur la qualification olympique de Pékin que j’ai loupée ! En terme de place, je n’ai pas de but précis, d’autant plus que le plateau est très relevé, j’ai de sévères concurrents !

P.M. : Tes prochaines compétitions ?

François : Mon deuxième Grand Prix, le Trophée N.H.K. Pour la suite, ça ne dépend pas que de moi ! (rires) J’espère quand même aller aux Championnats d’Europe.

Propos recueillis par Julien Polle et Kate Royan

Interview with Célina Fradji, Jean-Hans Fourneaux and François Pitot : Lots of hope !

For the three of them, the actual competition does not start until tomorrow. They are at the rink this Friday to cheer on the French pairs and singles skaters. We take this opportunity to ask them a few questions.

Patinage Magazine: Célina and Jean-Hans, how did the transition to the senior category go?

Célina Fradji: It's a significant change that we felt from the beginning of the season. We found our footing and decided not to be intimidated. In fact, it's very exciting! (Jean-Hans nods eagerly to confirm.)

P.M.: How many competitions have you participated in this season?

Jean-Hans Fourneaux: After the Masters, we took part in two Challenger Series: one in Bratislava (Nepela Memorial) and one in Georgia (the Trialeti Trophy). We achieved scores higher than those at the Masters, so we were quite pleased. We have made good progress since the end of August, but we didn’t have much time to work between these two Challengers. We still recorded our Season Best in Georgia (165.37) with a sixth place.

P.M.: Who chooses your program music? Your coach Karine Arribert or you?

Célina: It’s usually Karine who suggests, but first she asks us to guide her in the direction we want to go. We have never said 'we absolutely want this.'

Jean-Hans: We tend to offer an energy rather than a specific piece. In return, she suggests a package with several pieces of music.

Célina: For the free dance, she mentioned Chopin to us, and it's true that it fits perfectly with our style. We immediately loved it. For the rhythm dance, the required theme is 'high energy,' and our joint choice fell on Destiny’s Child, Beyoncé’s former group.

Jean-Hans: The pieces are quite famous and fit well within the given framework.

P.M.: Between Chopin and Destiny’s Child, there’s an entire universe...

Célina: That’s precisely where the challenge is. The goal is to show that as skaters, we can do anything. Personally, I feel much more comfortable with the free dance, with anything lyrical or melancholic. I have more work to do for the R.D.

P.M.: Who took care of your choreographies?

Célina: There too, it’s kind of a package: Karine, Mahil (Chantelauze), Tiffany Zahorski who accompanied us in Georgia. Tiffany shares her experience as an athlete with us, it’s really enjoyable.

P.M.: When you say you prefer lyrical and melancholic music, is it because it matches your character better? You don’t seem melancholic at all… (laughs)

Jean-Hans: No, it’s what she finds easiest to express naturally on the ice.

Célina: It’s true that I’ve had that in me since I was very young. I love what is contemporary and poetic.

Jean-Hans: I tend to prefer our rhythmic dance. I feel comfortable with anything tonic. Free dance requires a lot of technical skill, and it’s sometimes a bit tough for me. Célina and I are very complementary on the ice.

P.M.: Besides skating, are you continuing your studies?

Jean-Hans: We are both at the University of Grenoble. I am studying psychology.

P.M.: General psychology or sports psychology?

Jean-Hans: I’m only at the beginning, so it’s a general program.

Célina: For me, it’s entrepreneurship careers.

P.M.: Are you going on-site or is everything happening virtually?

Célina: I’m present in Grenoble every Monday, and the rest of the time virtually.

Jean-Hans: It’s a hybrid system that suits us perfectly.

François listened patiently to his colleagues; it’s now time to focus on his case!

P.M.: Can we talk about Milan’s Olympic qualifications, or is that THE taboo subject? (laughs)

François Pitot: No, not at all, we can talk about it!

P.M.: You had a very good short program, then what happened?

François: I had a false start and botched my Salchow. A real underperformance. Maybe a bit of stress; I couldn't feel my legs. It was within my reach, I wasn't really stressed in my mind, but it was a physical stress that affected my body. It's really strange because in my head I was fine, I was having a good competition.

P.M.: Do you still train with Romain Ponsart?

François: Yes, and it goes very well. I've been working with him for three years now. Romain is always very calm, I've never heard him raise his voice even once, not even with the younger kids at the club. Sometimes I see their behavior, and I think "ouch ouch"... But he never gets angry. Romain's skating career is relatively recent; he still has a lot of experience with quads and other jumps. He puts a lot of his personal experience into his teaching, which is very pleasant, important and valuable.

P.M.: Are you pursuing studies as well?

François:
I don't have the time. For me, it's skating, skating, and more skating! (laughs)

P.M.:
Ritual question: how did you choose your programs? (‘Dig Down’ by Muse, and a Beatles medley, both arranged by Cédric Tour)

François: They were chosen by Benoît Richaud, my choreographer. I had a few ideas that I submitted to him, but he had his own and they prevailed.

P.M.: Do you have a specific goal for this Grand Prix?

François: The main goal is to get a good score and to take my revenge on the Olympic qualification in Beijing that I missed! In terms of placement, I don't have a specific target, especially since the competition is very strong; I have serious competitors!

P.M.: Your upcoming competitions?

François: My second Grand Prix, the N.H.K. Trophy. As for what comes next, it doesn't depend only on me! (laughs) I still hope to make it to the European Championships.

Interview conducted by Julien Polle and Kate Royan

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