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Grand Prix de France Angers 2025 - Programme court messieurs : “Quad God” et les autres…

© I.S.U.
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Hors glace, Ilia Malinin passerait presque inaperçu : un blondinet de taille moyenne au regard délavé, au visage pâle et androgyne, celui d’un collégien, beaucoup plus jeune que ses bientôt vingt et un ans. Dès qu’il monte sur la glace, il se transforme en rockstar. Ses yeux foncent de plusieurs tons pour devenir ceux d’un tueur à gages. Il est sûr de lui sans impertinence et toujours ultra motivé. Le surnom qu’il s’est donné sur les réseaux sociaux, “Quad God” (le Dieu du Quad) le fait passer pour arrogant, alors qu’il ne l’est pas. Il est tout simplement solide dans sa tête et ses patins. En conférence de presse, c’est un excellent “client” pour les media, souriant, affable, non dénué d’humour et qui s’exprime comme un homme mature, ce qui contraste avec son physique d’angelot. Le personnage est au moins aussi intéressant que ses énormes capacités physiques : une souplesse de félin, une détente explosive. Par contre, après avoir fait quelques progrès chorégraphiques l’an dernier, il retombe aujourd’hui dans ses travers. Non, Ilia, la fibre artistique ne consiste pas seulement à agiter les bras dans de grands gestes secs ou amples au gré du rythme. Son programme sur “Dies Irae” de Nattura et “The Lost Crown” de 2WEI est bien conçu, les difficultés placées pile sur le tempo de la musique. Petite remarque : qu’est-ce que c’est que cette tenue ?! Mélange de BDSM et d’un t-shirt emprunté à un gladiateur shooté à l’acide… Mais qui va finalement plutôt bien à la musique épique (et pic et colegram). Pour une saison de J.O., l’Américain aurait pu faire pire, à l’image de certains de ses compatriotes et de leurs classiques éculés. Ilia nous gratifie d’un quad flip d’entame magnifique. Le triple Axel, qu’il paraît passer sans élan, l’est tout autant. Les choses se gâtent légèrement avec la combinaison : quad Lutz correct, mais la réception du triple boucle piqué Rippon qui suit n’est pas propre et lui fait perdre des points. Il en perd d’autres avec la pirouette changement de pied. Tout ceci n’empêche pas un score de 105.22 et bien sûr, une première place, avec une avance considérable, ce qui le rend virtuellement imbattable. A noter que ses composantes sont de plus de 15 points inférieures à son score technique. Il serait judicieux de les travailler un peu, afin de ne pas être taxé, dans quelques mois, de champion olympique sans aucun sens artistique.

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Nika Egadze vient de participer à trois compétitions en trois semaines et jure qu’il ne le fera plus jamais ! S’il est fatigué, ça ne se voit pas. Il est toujours aussi raide qu’un piquet sans réelle profondeur de carres, mais son programme est plus propre que celui d’Ilia. Il a opté pour une musique originale, composée par un groupe de sa Géorgie natale : “Waltz” de Mgzavrebi, dont le leader s’appelle Dedalamazishvili. Quand je lui demande comment prononcer les deux, il me répond de ne pas me casser la tête avec le nom du groupe, dont justement les premières consonnes ne se prononcent pas, et d’appeler le chanteur “Deda”. Je n’y manquerai pas si un jour je le rencontre… Nika réalise une combinaison quad Salchow/triple boucle piqué posée exactement sur les premières paroles de la chanson. Son quad boucle piqué lui fait couvrir la moitié du petit côté de la patinoire en longueur. Pas haut, mais loin, très loin ! La jambe libre traîne un peu à la réception du triple Axel sans lui faire perdre de points. Ce n’est pas le patineur le plus élégant du circuit, mais niveau efficacité, il n’y a rien à dire. 95.67 points l’assoient tranquillement à la seconde place provisoire.

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En conférence de presse, on apprend que Kao Miura fait griller des steaks achetés dans une grande enseigne française pour son co-locataire Tatsua Tsuboi. Sur la glace, ni poivre, ni sel, ni ail, mais l’entrée du premier multi-quadiste de la soirée. Le Japonais a laissé tomber son “Fantôme de l’Opéra” patiné en début de saison, pour reprendre son “Conquest of Space” de Woodkid de l’an dernier. Il a bien fait. Histoire de mettre les choses au point tout de suite, Kao nous sort un quadruple Salchow/ triple boucle piqué impeccable. Il retourne sévèrement son triple Axel qui est dégradé à coups de - 5 et le quadruple boucle piqué est réceptionné sur le quart. Tout le reste est d’une propreté limpide. Kao est l’un des patineurs les plus explosifs du circuit et nous offre à chaque prestation un vrai feu d’artifice. Il est 3ème avec 87.25.

Son compatriote Tatsua Tsuboi lui colle aux basques avec 87.04. Sa musique, “Anniversary” de Yoshiki, plombe un peu l’ambiance. Son quadruple boucle piqué est propre, mais sa combinaison à laquelle il manque un tour dans le second saut (quadruple Salchow/double boucle piqué) l’est beaucoup moins. Le triple Axel est net, mais la prise d’élan, avec des bras dans le dos qui s’éternisent, manque d’esthétisme. Adam Siao Him Fa, qui a eu un début de saison compliqué, est très attendu. Son costume le fait ressembler à un écorché d’anatomie. Logique puisque Leonard de Vinci, qui a créé le premier mannequin anatomique connu, est le thème de son programme sur “La Terre Vue du Ciel” d’Armand Amar. Adam pose une main sur la glace à la réception du quad Lutz, ce que le jury considère comme une chute. Un gros saladier de points passe ainsi sous le nez du Français. La jambe d’appui bouge lors de l’atterrissage du triple Axel, mais le saut tient. Un quad boucle piqué chahuté l’empêche de le combiner à un triple, ce ne sera qu’un double. Sa séquence de pas est magnifique de glisse et de rythme, le moindre mouvement colle précisément à la musique. On oubliera qu’il y a un déséquilibre à la fin, ce qui lui fait perdre un niveau, mais pas de grade d’exécution. Adam se classe 5ème avec un score de 84.87.

Mihhail Selevko a dû récemment croiser Dracula, thème de son court. Le vilain méchant vampire a déchiré sa tenue noire pour y déverser une bile vert pomme et rose fushia d’un curieux effet. S’y ajoutent des gants façon dos de grenouille. L’Estonien évolue sur “The Sound of Nightmares”. Après triple flip/triple boucle piqué, les deux façon “Rippon”, quad boucle piqué hésitant, triple Axel un peu mou, Mihhail se prend les lames dans sa Step Sequence et tombe au milieu. Le programme n’est pas mal, le patineur a des qualités certaines, mais l’ensemble reste brouillon (6ème/80.17). Lukas Britschgi, tenant du titre européen, sur un “No Good” de Kaleo très rock, ouvre sa prestation par un quad boucle piqué/double boucle piqué, donc amputé d’une rotation, puis enchaîne avec un triple Axel aux GOEs négatifs. L’entrée du triple Lutz est très jolie et le saut est propre. La joie de patiner et l’enthousiasme du Suisse que jamais rien n’entame font plaisir à voir (78.68/7ème).

François Pitot est bien parti pour prendre sa revanche sur une qualification olympique loupée. “Dig Down” de Muse est un très bon choix et tous ses sauts passent sans problème majeur. Seule une petite carre incertaine sur le triple flip et une erreur dans la pirouette entament son capital points. François est beaucoup plus expressif au fil du temps, et très convaincant. Le voici 8ème avec 78.50), ce qui, dans un plateau aussi relevé, est d’excellent augure. Luc Economidès a conservé son court de l’an dernier sur “Selah “ de Kanye West. L’exécution est très propre, avec pour seul accroc, une carre douteuse à la réception du triple Lutz. 75.20 le classe 10ème.

Par Kate Royan

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