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Reprise des publications

Août et septembre 2025, Îles Lofoten et Sarek (Sápmi)

Au moment où je commence à vous écrire cette lettre, je me trouve sous la tente, en plein cœur d'une tempête, dans les îles Lofoten.

Situées dans le cercle polaire arctique, au nord de la péninsule scandinave, ces îles font partie du Sápmi, le territoire ancestral des samis (peuple autochtone colonisé par les norvégiens, suédois, finlandais et russes, et dont je compte vous reparler plus tard).

Après des années d'aventures en solitaire, je ne suis plus seule. Anaïs, mon amoureuse et compagne depuis plus d'un an, a accepté avec enthousiasme de me suivre dans ce projet. Anaïs est rapidement devenue l'un des piliers de ma vie, et nous partageons une envie commune de voyages et d'aventures qui respectent des valeurs d'écologie, de décroissance, et de décolonialisme. Elle est artiste-dessinatrice, et vous pourrez découvrir son travail sur https://www.instagram.com/maresisanais (Abre numa nova janela)

C'est ainsi que, pour parvenir jusqu'aux Lofoten, nous avons fait la totalité du trajet en auto-stop et en ferries, par refus de prendre l'avion. Malgré ma longue expérience des voyages en stop (uniquement en France et jamais plus de deux jours d'affilée cependant), ce trajet en lui-même a été une aventure assez épique et éreintante : 3500 kilomètres de route et de mer, 6 pays traversés, 45 heures de voiture et de camion semi-remorque, le tout effectué en 9 jours top chrono. Il est possible que, sans le savoir, nous soyons les détentrices d'un record de vitesse en auto-stop ! En effet, nous voulions perdre le moins de temps possible, pour ne pas rater les couleurs de l'automne boréal, et terminer notre voyage avant l'arrivée de l'hiver polaire...

Anaïs tient un journal quotidien (en anglais) de notre voyage, que vous pourrez lire en parallèle de mes propres publications sur https://www.polarsteps.com/AnaisPirlotMares/19786465-scandinavia (Abre numa nova janela)

Son style est très différent du mien : elle raconte les événements de chaque journée de manière détaillée, avec parfois beaucoup d'humour.

Anaïs en train de dessiner aux Lofoten
Anaïs en train de dessiner aux Lofoten

S'il m'a fallu tant d'années pour reprendre enfin les publications, et vous donner des nouvelles, c'est parce j'ai traversé une période compliquée. En plus d'avoir été dans une situation matérielle extrêmement précaire, j'avais perdu quasiment toute inspiration. Je ne parvenais plus à trouver la motivation de faire des photos, d'écrire, de publier quoi que ce soit. Il me manquait l'essentiel.

Les prétendus espaces "sauvages" de la France métropolitaine ne le sont plus tellement : ils manquent cruellement de la vastitude, des puissances élémentaires, et des présences spirituelles auxquelles les forêts primaires de la Réunion m'avaient habituée. Même les plus hauts sommets des Alpes ont été domestiqués, et leur sur-fréquentation consumériste fait de plus en plus penser à celle d'un Disneyland.

Quelque part dans une vallée profonde des Lofoten, un squelette d'aigle
Quelque part dans une vallée profonde des Lofoten, un squelette d'aigle

J'ai toujours su qu'il me faudrait aller les chercher loin, ces immensités dont je ressens le besoin depuis toujours, et qui me font rêver depuis toute petite : cercles polaires, jungles, déserts, cordillères et glaciers...

Les forêts et montagnes du Sápmi dans le Grand Nord de la Scandinavie, et plus particulièrement le massif du Sarek, sont considérées comme le tout dernier de ces espaces sauvages en Europe. C'était pour moi la destination la plus accessible, pour pouvoir recommencer à rêver, retrouver ces parties de moi qui étaient perdues, et reprendre la photo et l'écriture.

Et aussi, c'en est fini, de me sentir tellement seule lorsque je pars m'ensauvager. Je peux enfin partager mes errances avec une personne que j'aime.

Le crâne d'une baleine échouée, sur une plage des Lofoten
Le crâne d'une baleine échouée, sur une plage des Lofoten

Au moment où je termine cette lettre, Anaïs et moi sommes dans une cabane isolée au bord d'un lac, au fin fond de la forêt boréale. La végétation se teinte d'une multitude de nuances d'ambre et de miel, d'ors et de carmins. Ici, l'automne ne dure pas plus de trois semaines ; les premières chutes de neige arriveront dans quelques jours.

Il s'est passé tant de choses depuis que j'ai commencé ce texte, tellement de trajet effectué encore, et tout a été tellement intense, que j'ai à peine trouvé le temps d'écrire... Mais promis, vous en saurez plus dans mes prochaines publications ! (Ainsi que dans le journal d'Anaïs.)

Tout à l'heure, une volée de cygnes s'est posée sur le lac. Je ne sais pas s'ils vont rester ici, ou bien s'ils font juste une pause avant de migrer vers le Sud.

Je ne connais quasiment rien de cet endroit, de ces forêts et de ces montagnes. Mais... je sens que j'en deviens déjà ensorcelée. Je crois que je commence enfin à trouver les immensités et les présences sauvages que je recherchais depuis si longtemps...

Nuit de rêve dans la toundra
Nuit de rêve dans la toundra
Tópico États d'âme

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