Saltar para o conteúdo principal

Championnats du Monde Prague - Court couples : Score capillo-serré !

© Alice Alvarez
© Alice Avarez - Hase/Volodin

Les champions olympiques Miura/Kihara sont absents, de même que leurs prédécesseurs en or Sui/Han. En leur absence, trois couples font figure de grands favoris : Metelkina/Berulava, Hase/Volodin et Pavlova/Sviatchenko, respectivement seconds, 3èmes et 4èmes à Milan. Les Allemands ont tout pour gagner, mais sont connus pour craquer sous la pression. Les Géorgiens sont mentalement plus solides, mais moins calés en technique et en composantes. Les Hongrois ont les dents et les lames qui rayent la glace, et une grosse faim d’avancer dans les rangs. Qui va décrocher la timbale ? Début de réponse ce soir.

Derniers à passer sur la glace dans une patinoire quasi comble, Minerva-Fabienne Hase et Nikita Volodin prennent l’avantage avec 0.8 de retard en technique, mais 1,13 d’avance en composantes. 79.78, contre 79.45 pour Anastasiia Metelkina et Luka Berulava. Score qui a tient à un cheveu : capillo-serré ! Les Allemands font de “El Abrazo” de Maxime Rodriguez , un tango tout en charme, ultra propre, prenant, presque hypnotisant. Ils sont tous deux excellents, sobres sans froideur, même si dans l’absolu, le thème pourrait se prêter à une interprétation plus “caliente”. Le triple twist n’est que de niveau 3, le triple Salchow est réussi, le triple boucle lancé est déconcertant d’aisance. Minerva et Nikita, dans un raffinement presque diaphane, sont beaucoup plus convaincants et subtils que les Géorgiens, qui ont un énorme coeur à l’ouvrage, mais un petit défaut de sensibilité dans leur Boléro.

Anastasiia Metelkina et Luka Berulava nous proposent un Boléro de Ravel que seuls des Kevin Aymoz, Aleksandr Abt ou Jane Torvill et Christoher Dean ont été capables de sublimer. Le programme, chorégraphié par l’incontournable Benoît Richaud, est très réussi, très créatif, avec un départ en chandelle, le sommet du crâne d’Anastasiia reposant sur la glace. Il lui manque cependant un brin de souplesse et de virtuosité. Ce qui fait la beauté du morceau original de Maurice Ravel, est sa linéarité qui monte néanmoins crescendo. On ne retrouve pas, ou peu, cette cohérence dans l’orchestration de Milos Karadaglic, alambiquée, surtout en seconde partie, et dure à l’oreille. Je trouve la tenue d’Anastasiia trop contrastée et trop chargée, même si j’aime le principe du justaucorps. Techniquement, le couple est très fort, sauf peut-être dans les portés. Ils méritent largement leur seconde place, mais leurs notes sont très élevées comparées à celles des Allemands, plus justifiées.

© Alice Alvarez
© Alice Alvarez - Pereira/Michaud

Sur “Say You Love Me” de Jessie Ware, Pereira/Michaud prouvent qu’ils n’ont pas été 3èmes du court olympique par hasard. Tous les éléments sont de niveau 4, au contraire de ceux des deux premiers couples, et leurs sauts, triple boucle parallèle et triple boucle lancé, sont impeccables. Les composantes, elles, ne dépassent pas 8.75, bien qu’ils soient dotés d’un grand sens musical et qu’ils soient fins glisseurs. Ils s’installent au 3ème rang, comme à Milan (75.52). Souhaitons qu’ils ne commettent pas les mêmes erreurs que sur la glace olympique lors du libre…

Maria Pavlova et Alexeï Sviatchenko semblent abonnés à la 4ème place (69.92), malgré leur ambition et toute leur bonne volonté. La faute à un triple boucle lancé retourné, erreur que Maria ne commet jamais ! Peut-être sont ils un peu stressés, car ils cherchent ici la médaille qui leur a échappée de peu à Milan. Forts de celle de bronze gagnée aux championnats d’Europe de Sheffied, ils ont encore amélioré leur couverture de glace et leur technique, mais il coûte cher ce retournement du saut lancé ! “Earth Song” est une chanson un peu bateau pour les gens de ma génération qui l’ont entendue matraquée à plus soif, mais ce n’est pas un mauvais choix, et ils l’interprètent avec conviction.

22èmes l’an dernier à Boston, les Japonais Nagaoka/Morigushi font un bond spectaculaire à la 5ème place aujourd’hui (69.55), talonnant les Hongrois à quelques dixièmes. Des points, ils en perdent sur le triple twist et la pirouette finale, mais l’ensemble du programme, sur “Goodbye Yellow Brick Road” d’Elton John, est très correct. Toujours dans le même point (69.02), Chan/Howe semblent appliqués et un peu timides sur un “Nyah” qui fut l’une des grandes réussites d’Aleksandr Abt. Ils devancent leurs compatriotes Efimova/Mitrofanov, (67.29, 7èmes) ce qui est une surprise. Ces derniers se montrent peu en verve à Prague, avec un “Cloack and Dagger” poussif. Deux erreurs importantes les handicapent : une sous rotation pour le triple boucle piqué que Alisa réceptionne sur deux pieds, et un triple boucle lancé avec mains au sol. Le patinage des Américains manque cruellement de relief et de personnalité, même s’ils font des efforts visibles pour tenter de s’exprimer. Les Arméniens Akapova/Rakhmanin, 14 èmes des derniers Jeux Olympiques, occupent ce soir la 8ème place (67.12). Leur programme, sur “Music” de Ara Gevorkian (qui a le mérite d’être réellement arménien alors que le couple est russe et s’entraîne à Sochi avec Fedor Klimov) ne connaît pas de faute majeure. Derrière eux, on trouve Vaipan-Law/Rigby (66.34) et leur joli “Lighthouse” de Patrick Watson, illustré en son temps par Savchenko/Massot et le regretté Jean-François Ballester ; puis Hocke/Kunkel qui, à cause d’une chute d’Annika sur le triple Salchow, ne tiennent pas leurs promesses récentes : 5èmes des Mondiaux 2024, 3èmes des Championnats d’Europe 2023 et 4èmes à Sheffield en janvier. Je ne comprends pas ce qu’ils veulent exprimer sur “Hold My Hand” de Lady Gaga. Peut-être rien, ce qui expliquerait tout.

© Alice Alvarez
© Alice Alvarez - Camille et Pavel Kovalev

Camille et Pavel Kovalev sont 15èmes (61.17). Malgré un problème récurrent sur le triple twist et la main de Camille qui effleure la glace à la réception du triple boucle piqué, la façon dont ils continuent de s’améliorer dans tous les domaines, finesse de glisse comprise, alors qu’ils ont passé la trentaine, est tout à fait remarquable. Bruno Massot est le grand artiste de cette oeuvre de reconstruction, ou plutôt de consolidation. Malgré des pépins physiques sérieux qui vont les conduire tous deux prochainement en chirurgie (épaules de Camille et vis à retirer d’une des chevilles de Pavel), ils gardent un moral à toute épreuve et ne cachent pas leur envie de poursuivre leur carrière jusqu’aux prochains Jeux Olympiques.

Par Kate Royan - Prague, 25/26 mars 2026

Scores détaillés (Abre numa nova janela)

Tópico Articles