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Du lâcher-prise, de l’apprentissage et de l’acceptation…

Du lâcher-prise, de l’apprentissage et de l’acceptation…

Le lâcher-prise est sans doute l’un des plus grands présents que l’on puisse s’offrir.

Car lorsque l’on abandonne tout ce qui est imparfait, instable ou illusoire,

il ne subsiste alors que l’essence même de ce que nous sommes :

  • une forme de justesse, presque une complétude.

  • Une vérité aussi douce que vertigineuse.

  • Et pourtant…

« Si seulement lâcher prise n’était pas si douloureux… »

Parce qu'en réalité,

ce n’est pas tant l’acte de lâcher prise qui éprouve,

mais bien l’acceptation qui le précède.

Du lâcher-prise, de l’apprentissage et de l’acceptation…

« Thomas,

toi,

toi seul,

as su rendre la plupart de tes relations uniques,

par la profondeur de ton amour et la singularité de ta manière d’aimer. »

Ces mots constituent l’un des trois enseignements précieux

qu’une compagne de vie m’a transmis.

Une présence à la fois proche et extérieure,

une amie, pensais-je alors,

qui m’a permis d’entrevoir ce que je refusais encore de voir :

je regardais le monde à travers des lunettes teintées de rose.

Hélas, cette révélation ne fut pas unique.

Oui, il me faut l’admettre :

  • je ne portais pas seulement ces lunettes,

  • je portais également la relation elle-même,

  • à bout de cœur,

  • à bout d’élan.

Et il fut douloureux, profondément douloureux,

de reconnaître que tout ce en quoi je croyais,

tout ce pour quoi je vivais,

tout ce que j’aimais,

et dans quoi je déposais mon énergie…

…n’existait que dans un seul sens.

Longtemps, je me suis interrogé :

pourquoi revenais-je sans cesse ?

Pourquoi, inlassablement,

  • après chaque conflit,

  • après chaque injustice,

  • après chaque blessure, visible ou non,

  • retournais-je vers ce qui me fragilisait ?

Pourquoi cherchais-je à restaurer une harmonie qui, en réalité, n’existait déjà plus ?

Pour comprendre cela, il est essentiel de dire ceci :

j’ai traversé une longue histoire de dépendance.

Plus de vingt-cinq années d’addiction à des substances dures,

que j’ai réussi à surmonter.

Aujourd’hui, je suis abstinent depuis douze ans,

et libre de toute consommation depuis neuf ans.

« Thomas,

la raison est pourtant évidente… »

Ah oui ?

Laquelle ?

Tu es en manque.

Toujours.

  • À chaque éloignement,

  • à chaque tentative de prise de distance,

surgit ce vide familier, cette sensation d’absence presque physique.

  • Un manque d’harmonie.

  • Un manque de sécurité et pourtant si illusoire.

Et pour fuir ce manque,

tu serais prêt à tout.

Car ce n’est pas la relation que tu recherches,

mais l’apaisement qu’elle semblait promettre.

Et cela n’est rien d’autre

qu’un écho de ton histoire,

un schéma ancien, profondément inscrit.

Ce fut pour moi une révélation.

Comme si, soudain,

mes croyances devenaient transparentes,

tout comme ces fameuses lunettes roses.

Puis, une autre prise de conscience s’est imposée à moi.

J’ai réalisé que, face à chaque pensée, chaque idée, chaque succès ou échec,

je ressentais le besoin irrépressible de me tourner vers autrui pour partager.

Or, partager trop tôt,

c’est parfois compromettre ce qui cherche encore à naître.

C’est comme vouloir planter une graine…

et la déterrer à chaque mot prononcé.

On expose une idée, une décision, une intention…

  • Et aussitôt,

  • elle est analysée,

  • questionnée,

  • fragmentée.

Alors même que l’on ne cherchait ni débat,

  • ni validation,

  • ni contradiction.

  • Sans le vouloir,

  • on offre aux autres les outils pour intervenir,

  • transformer, influencer.

Et peu à peu,

ce qui nous appartenait cesse de nous appartenir pleinement.

J’ai donc choisi de me taire.

Non par retrait,

mais par fidélité envers moi-même.

Et alors…

le silence.

Un silence dense, presque troublant.

Dans l’intimité, plus rien.

Mais autour…

un tumulte grandissant.

  • Des récits.

  • Des interprétations.

  • Des jugements.

Et cette question, presque naïve :

  • pourquoi ne viennent-ils plus me demander, à moi ?

  • Pourquoi ne s’enquièrent-ils pas de mon ressenti,

    de ma vérité ?

« Tu as changé, Thomas. »

Oui.

« Tu es devenu différent. »

Sans doute.

« Depuis que tu es avec Laurie tu as perdu ton mojo… »

Est-ce réellement cela ?

Ou bien est-ce simplement

que je ne suis plus accessible de la même manière ?

Que je ne suis plus une source inépuisable d’énergie ?

Que je ne me disperse plus ?

Car en réalité…

  • je ne me suis pas perdu.

  • Je me suis trouvé.

  • Je suis plus apaisé,

  • plus ancré,

  • plus entier.

Je rayonne autrement.

Je choisis autrement.

J’aime autrement.

Et si aujourd’hui je me sens complet,

c’est aussi parce que Laurie m’a permis de me rencontrer pleinement.

Il fut cependant douloureux de reconnaître

que la même personne

qui m’avait aidé à retirer mes premières illusions…

était elle aussi perçue à travers un voile.

Ce fut le troisième enseignement.

Aujourd’hui, je ressens une profonde gratitude.

Pour chaque rencontre.

  • Chaque présence.

  • Chaque départ.

En effet, chacun,

  • qu’il soit resté ou non,

  • qu’il m’ait compris ou non,

  • qu’il m’ait jugé ou soutenu…

  • n’a été, au fond,

  • qu’un reflet de moi-même.

Et lorsque cette vérité est pleinement acceptée…

alors,

le lâcher-prise cesse d’être une lutte.

Il devient une évidence.

Thomas

21.03.2026


Sujet Schreibtherapie

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