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L'argument et le chef-d'œuvre de l'évitement émotionnel…

Il y a un moment très particulier, presque absurde, dans certaines disputes.

Ce moment où tu réagis à quelque chose qui t’a blessée… et que, d’un coup, bam, tu deviens le problème.

  • Pas ce qui a été dit.

  • Pas ce qui a été fait.

Pas ce que t’as encaissé en silence pendant 10 minutes, 2 jours ou 3 semaines.

Non.

  • Toi.

  • Ta réaction.

Et là, tu te retrouves dans une scène lunaire où tu passes de victime à “personne ingérable” en moins de 30 secondes.

C’est presque impressionnant.

Si c’était un sport, certains auraient des médailles d’or.

Parce que soyons honnêtes deux secondes : personne ne s’énerve gratuitement.

On n’est pas des volcans en libre-service qui explosent “juste comme ça”.

Il y a toujours un truc avant.

  • Un détail,

  • une accumulation,

  • une phrase de trop,

  • un manque,

  • une répétition.

Mais ça… étrangement… ça disparaît du débat.

Ce qui reste, c’est :

  • “Pourquoi tu t’énerves comme ça ?”

  • “Calme-toi.”

  • “C’est bon, t’abuses.”

Ah.

Donc on va ignorer le film et juger uniquement la scène finale ?

  • Parfait.

  • Logique implacable.

Et le pire, c’est que sur le moment, tu doutes.

Parce qu’on te regarde avec cet air entre l’incompréhension et l’agacement, comme si t’étais en train de faire un scandale pour rien.

Alors que toi, intérieurement, t’as un PowerPoint complet avec

  • historique,

  • preuves,

  • ressentis,

  • et conclusions.

Mais t’as pas le temps de le présenter.

Parce que t’es déjà en train de te défendre… d’avoir réagi.

C’est là que ça devient vicieux.

Parce qu’à force, tu commences à te dire :

  • “Peut-être que je suis trop.”

  • “Peut-être que j’aurais dû rien dire.”

  • “Peut-être que c’est moi le problème.”

Spoiler : non.

Ou en tout cas, pas comme on essaie de te le faire croire.

Oui, ta manière de réagir peut être imparfaite. On est humains, pas des moines bouddhistes sous Wi-Fi émotionnel ultra stable.

Oui, parfois ça déborde. Ça sort mal. Trop fort, trop vite, trop brut.

Mais ça ne rend pas la cause inexistante.

Et c’est ça le vrai sujet.

Parce qu’une personne qui t’aime vraiment, qui te respecte vraiment, elle ne va pas s’arrêter à ton ton ou à ton volume sonore comme si c’était le cœur du problème.

Elle va se demander :

  • “Qu’est-ce que j’ai fait, ou pas fait, qui t’a amenée là ?”

  • Pas pour se flageller.

  • Mais pour comprendre.

Parce qu’une réaction, c’est un symptôme.

Pas une invention.

Et attention, ça ne veut pas dire qu’on a le droit de tout dire n’importe comment et de tout casser sur notre passage.

Ça veut dire qu’on mérite que le fond soit entendu, pas juste la forme critiquée.

Sinon, c’est trop facile.

C’est le hack ultime de la discussion foireuse :

  • Tu provoques (volontairement ou non),

  • tu déclenches une réaction,

  • et ensuite tu te focus sur la réaction pour éviter de parler du reste.

  • Chef-d’œuvre de fuite émotionnelle.

Et pendant ce temps-là, toi, tu te retrouves à faire un triple salto mental :

  • …ressentir

  • → réagir

  • → culpabiliser d’avoir réagi

  • → oublier pourquoi t’as réagi.

Magnifique.

Mais à un moment donné, il faut remettre les choses à leur place.

  • Tu n’es pas “trop” parce que tu ressens.

  • Tu n’es pas “compliquée” parce que tu réagis.

Tu es quelqu’un

  • qui capte,

  • qui accumule,

  • qui ressent,

  • et qui, à un moment, n’en peut plus de faire semblant que tout va bien.

Et ça, c’est humain.

Brut.

Réel.

La vraie maturité, elle n’est pas dans le fait de ne jamais s’énerver.

Elle est dans la capacité à dire :

“Ok, ma réaction était peut-être forte… mais elle vient de quelque chose qu’on doit regarder.”

À deux.

Parce qu’une relation, ce n’est pas un tribunal où celui qui hausse la voix perd automatiquement le procès.

C’est un espace où on essaie de comprendre ce qui se joue derrière.

Sinon, ce n’est pas une relation.

C’est un jeu de pouvoir mal déguisé.

Alors maintenant, regarde la scène autrement.

La prochaine fois que quelqu’un s’énerve face à toi… au lieu de t’arrêter à la forme, demande-toi :

  • “Qu’est-ce que j’ai peut-être manqué ?

  • Qu’est-ce que cette réaction essaie de me dire que je n’ai pas entendu ?”

Et inversement… quand c’est toi qui exploses, au lieu de te juger immédiatement, prends une seconde pour remonter le fil :

“Qu’est-ce qui m’a amenée là ?”

Parce que comprendre vaut toujours mieux que gagner.

La morale, au fond, elle est simple :

  • on ne guérit rien en faisant taire les réactions…

  • on avance en écoutant ce qu’elles racontent.

Alors arrêtons de juger le bruit.

Et commençons enfin à écouter l’histoire.

Laurie

Topic Liebe und Beziehungen

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