Skip to main content

W ou le Souvenir d'enfance | Georges Perec

Il était plus que temps que le livre qui a inspiré le titre de cette infolettre fasse l'objet d'une recension ! C'est un livre que j'ai lu il y a quelque temps maintenant, pour deux raisons : j'apprécie le travail de Georges Perec, et le titre contient un W.

Digression sur Perec avant de parler plus avant du roman éponyme de l'article, enfin, sur les quelques autres livres que j'ai lu de lui :

  • La disparition, lu il y a maints jours, par goût d'Oulipo. Ardu, history pas marquant, mais bravo !

  • La vie mode d'emploi, roman dont je me rappelle avoir grandement apprécié la lecture, et dont je garde le souvenir d'une dépiction intéressante de tranches de vie, et l'envie de faire des puzzles en bois.

  • Tentative d'épuisement d'un lieu parisien, bref opus qui parle d'un lieu que je connais, envie de découvrir une autre de ses expériences.

Tout cela pour dire que je considère Perec comme un romancier intéressant pour ses expériences, et W ou le Souvenir d'enfance ne fait pas exception puisqu'il s'agit en fait de deux récits alternés : un chapitre sur deux est une autobiographie de Perec, l'autre une fiction décrivant la société d'une île consacrée à l'Olympisme, que Perec avait imaginée enfant et qu'il développe ici.

Ce livre me permet d'illustrer ma notion d'impression d'impression : je garde de cette lecture une excellente impression, un souvenir assez précis de la partie sur le sport, et absolument aucun de l'autobiographie !

Ce qui m'a marqué dans la partie consacrée à l'Olympisme, essentiellement située sur l'île fictive de W qui donne son titre au roman, c'est la façon dont, chapitre après chapitre, ce qui se présentait comme une utopie positive d'amélioration de l'homme par le sport se révèle petit à petit être un totalitarisme absurde. La révélation est suffisamment progressive pour que chaque élément de totalitarisme semble "acceptable" au vu de ce que l'on sait déjà, si bien que lorsque l'on arrive à la fin du récit et à des punitions délirantes, cela paraît toujours "logique". Une belle manière de montrer le caractère insidieux du phénomène de radicalité basé sur les meilleures intentions du monde.

Ce n'est probablement pas mon roman préféré¹², mais c'est un livre qui vaut le détour, parce qu'il mélange la capacité de Perec à expérimenter avec le livre et une réflexion profonde sur les utopies et la mémoire.

  1. Pour rappel, il s'agit de La conjuration des imbéciles.

  2. Mais j'aime beaucoup le titre, et il mérite largement que je m'en serve d'inspiration et lui rende hommage avec celui de cette infolettre.

Topic Impression d'impressions