À quel point n’avoir lu ce recueil qu’il n’y a quelques semaines à peine est-il condamnable ?
En tout cas, ce livre me fait arriver à une conclusion assez simple : je ne suis probablement pas fait pour lire des poèmes. Je pense que je les lis dans l’attente de LA formule qui va me toucher en plein coeur. Alors oui,
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
c’est magnifique. Et pour une obscure raison, je m’attendais à lire cela plus souvent. Ce ne fut pas le cas. Le seul poème qui m’a réellement marqué, plus pour son thème, c’est… Les Litanies de Satan.
Je pense que c’est l’occasion pour moi de mettre le doigt sur les lacunes essentielles qui font que j’ai probablement eu un peu de mal à pleinement apprécier ce texte : le manque de connaissance du contexte dans lequel il a été écrit. Cette ode à Satan, je n’ai aucun mal à l’identifier comme clairement provocatrice dans le contexte de l’époque1. Provocation qui gît probablement à bien d’autres endroits, mais de façon plus cryptique pour moi.
Le texte a bien sûr, par bien des égards, une beauté intrinsèque, mais il m’a semblé que plus que pour un roman de Hugo par exemple, la nécessité de contextualisation rend la lecture plus ardue. Alors oui, il y a de nombreuses notes, mais j’ai habituellement la flemme de les lire, et d’autant plus que dans l’édition que j’ai lue, les numéros de page des notes étaient décalés… Tout le budget d’édition doit être passé dans la couverture !
Il faut dire que ma précédente expérience de la poésie, c’est L’enfer de Dante traduit avec la volonté de faire ressentir au lecteur français le parfum de l’italien du XIVè siècle… Autant dire que je ne sais pas très bien de quoi parle ce livre…
Si certains de mes lecteurs ont une meilleure expérience de la lecture de la poésie, je leur saurai gré de m’en faire part pour ajout à mon Tsundoku, dans lequel j’ai mis malgré tout Les Paradis Artificiels et Une saison en enfer (de Rimbaud). Je me dis que peut-être, les poèmes sont faits pour être lus plus individuellement, ou pour être écoutés ?

Je mets la conclusion de cette Litanie en note de bas de page parce que je pense qu'encore aujourd'hui, elle sera pour certains une véritable provocation :
Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !
Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l’heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront ! ↩