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La panthère des neiges | Sylvain Tesson

Je pense que ce livre appartient à un style que j’apprécie, que je qualifierais, un peu largement et faute de mieux de celui des “récits d’expériences en rapport avec la nature”. Deux autres me viennent de cette catégorie : Sur la piste animale, de Baptiste Morizot (qui fera l’objet d’une autre recension), et Walden, de Henry David Thoreau (une grande déception, à voir s’il termine ou non dans un article générique au sujet des livres qui n’ont pas répondu à mes attentes).

Chaque lecture d’un livre de cette catégorie, et celui-ci ne fait pas exception, me remet face à une question existentielle : pourquoi l’homme s’est-il à ce point éloigné de la nature ? Et si moi, je faisais le chemin inverse ? Systématiquement je me dis que profondément, la vie, c’est d’être connecté à la nature, de rechercher éperdument une panthère, d’admirer le ciel, et que ça vaut tout le confort qu’il faut sacrifier pour cela.

Et puis je referme le livre et je me dis qu’un radiateur et internet, ce n’est pas si mal, et que la Seine et les pigeons, c’est quand même la nature. D’ailleurs, entre deux chasses à la panthère, Sylvain Tesson semble boire des cafés à Saint-Germain-des-Prés, indice que les deux vies ne sont pas nécessairement mutuellement exclusives.

Le bienfait minimal de ce genre de livre, c’est, je pense, de me — nous, si j’ose la prétention à l’universalité — rappeler qu’il existe bien d’autres vies que celles que nous vivons, qu’une part nous est imposée par la naissance mais qu’une grande partie relève des choix que nous avons faits, et qu’il est probablement bon, de temps en temps, en lisant un livre, de les questionner.

Et puis la plume de Sylvain Tesson rend cette lecture agréable, et la poursuite haletante. Il n’omet pas non plus quelques réflexions appropriées, par exemple sur la religion.

Je conclus donc ici la recension en elle-même en conseillant à ceux qui ne l’ont pas fait de lire ce bref opus, et de ne pas continuer plus loin la lecture de cette édition s’ils ne veulent pâtir d’un divulgâchis majeur. Les quelques points qui suivent visent à minimiser le risque de lecture inopinée de la suite du texte.

La panthère des neiges

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DIVULGACHIS

Ceux qui ont lu le livre savent qu’il contient une photographie de la panthère, qui n’avait d’ailleurs pas été repérée initialement par le photographe qui visait un oiseau. Dans l’édition de poche en noir et blanc que j’ai lue, la qualité de la photo rend très difficile de repérer l’animal. J’ai donc demandé à l’époque à ChatGPT de m’aider à la repérer…

Belle expérience sur la capacité de ces modèles de langage à mentir avec un aplomb sans borne ! J’ai trouvé la photo en couleur, la lui ai confiée en lui demandant de m’encadrer la panthère, et voici le résultat…

Devant mes yeux ébahis, il avait donc simplement rajouté une tête de panthère inexistante sur la photo d’origine ! Alors oui, ces modèles savent “interpréter” des images, mais il semble qu’il faille un œil humain pour voir la nature.

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