Une étude montre que l’agroforesterie à base d’arbres fruitiers peut stocker d’importantes quantités de carbone tout en augmentant les revenus agricoles jusqu’à près de cinq fois par rapport aux systèmes de culture conventionnels.
Par Emma Bryce (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)

L’intégration d’arbres dans les terres cultivées (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) peut permettre de séquestrer d’importantes quantités de carbone. Toutefois, selon une étude, les retombées les plus marquantes se manifestent sur le plan économique. Les résultats montrent que les terres agricoles mixtes intégrant des arbres fruitiers sont cinq fois plus rentables que les systèmes conventionnels fondés sur des cultures annuelles.
L’étude a été menée dans la région semi-aride du Vindhyan, en Inde, caractérisée par de faibles précipitations et une qualité des sols généralement médiocre, selon l’équipe de recherche. Les travaux ont débuté sur un site expérimental permettant de comparer sept types de systèmes agricoles différents. Trois d’entre eux étaient des monocultures de manguiers, de goyaviers et de groseilliers indiens; un autre était une plantation de teck; et un autre encore correspondait à un système traditionnel de cultures annuelles alternant haricot mungo et blé. Enfin, deux parcelles comprenaient soit des manguiers, soit des goyaviers, associés dans chaque cas à deux cultures annuelles de blé et de haricot mungo implantées en intercalaire.
Tout au long de l’expérience, l’équipe de recherche a effectué des mesures du carbone afin d’en suivre la présence dans les arbres et la végétation, la biomasse, ainsi que dans les sols.
Ces analyses ont mis en évidence le principal constat de l’étude : les systèmes intégrant des arbres présentaient des stocks de carbone nettement plus élevés. Lorsque l’ensemble du système était pris en compte — végétation, biomasse et sol —, le verger de manguiers en monoculture s’est révélé le plus performant, avec un stock de 46,63 tonnes de carbone par hectare. Parallèlement, les taux de séquestration du carbone les plus élevés ont été observés dans le verger de goyaviers en monoculture, qui absorbait près de huit tonnes d’équivalent CO₂ par hectare et par an. Les systèmes conventionnels composés uniquement de cultures annuelles présentaient les plus faibles quantités de carbone organique du sol ainsi que la plus faible densité de carbone globale.
Lorsque l’équipe de recherche a ensuite élargi son analyse aux performances économiques de chaque parcelle, un autre système s’est démarqué. Dans ce cas, la parcelle associant manguiers et cultures annuelles, où blé et haricot mungo étaient cultivés parmi les arbres fruitiers, présentait non seulement les quantités de biomasse les plus élevées et la plus forte densité de carbone dans la végétation, mais générait également des gains économiques importants. Les exploitant(es) de ces terres pourraient obtenir des revenus nets supérieurs à 4 800 $ par hectare et par an. Ce montant est près de cinq fois plus élevé que celui d’un système de cultures annuelles, ce qui laisse entrevoir des gains potentiellement considérables pour les moyens de subsistance des populations agricoles.
Selon l’équipe de recherche, ces résultats montrent comment les arbres peuvent contribuer à concilier les besoins environnementaux et économiques dans les paysages agricoles. Cela ne signifie toutefois pas que l’agroforesterie à usages mixtes constitue une solution universelle. L’étude montre en effet que les bénéfices associés aux systèmes arborés peuvent être très différents selon les contextes. La solution la plus appropriée peut varier en fonction du contexte agricole et de l’objectif poursuivi, qu’il s’agisse d’accroître les taux de séquestration du carbone ou de favoriser la prospérité des populations agricoles.
Source : Singh et coll., « Carbon storage and economic efficiency of fruit-based systems in semi-arid region: a symbiotic approach for sustainable agriculture and climate resilience (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) », Carbon Research, 2024.
Article original en anglais : https://www.anthropocenemagazine.org/2026/04/fruit-based-farming-turns-marginal-lands-into-carbon-sinks-and-cash-machines/ (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)
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(S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)Anthropocène est la version française d’Anthropocene Magazine (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre). La traduction française des articles est réalisée par le Service de traduction de l’Université Concordia (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre), la Durabilité à l’Ère Numérique (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre) et le pôle canadien de Future Earth (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre).