Passer au contenu principal

Elites Briançon 2025 - Interview Romane Télémaque et Lucas Coulon : “Nous voulons raconter une histoire”

© I.S.U.
© I.S.U.

(Scroll down for English version)

Vice champions de France Juniors et 4èmes de la Finale du Grand Prix l’an dernier, Romane Télémaque et Lucas Coulon, ont redonné un coup de frais à la discipline couples. Ils sortent tout juste de leur premier entraînement dans la patinoire de Briançon, et se prêtent gentiment au petit jeu des questions.

Patinage Magazine : Racontez moi comment on construit des programmes de compétition…

Lucas Coulon : On essaie de trouver des musiques qui nous plaisent, on définit le style sur lequel on aimerait patiner, on cherche une histoire à raconter. On est déjà à la recherche de nos thèmes de la saison prochaine car on aime beaucoup créer des thématiques, que nos programmes aient un sens. On en parle avec nos coaches et chorégraphe. Louis Thauron se charge de la chorégraphie, des skatings skills, on créent avec lui des mouvements, des transitions qui nous permettent de nous démarquer un peu.

P.M. : Vous patinez votre court sur ”I Love Rock’n Roll” de Joan Jett, où avez vous trouvé l’idée ?

Romane Télémaque : A la base, on avait choisi du Charles Aznavour. Puis nous sommes allés à un rassemblement juniors en Autriche et quand on a présenté le programme on a vu que ça ne fonctionnait pas. C’est notre coach [Emilie Télémaque, la maman de Romane] qui nous a proposé Joan Jett. On a pensé à Queen aussi, mais Joan Jett l’a emporté.

P.M. : J’ai lu des choses intéressantes dans votre biographie I.S.U. Romane, pour tes loisirs, tu aimes les réseaux sociaux, les sports, et Lucas tu t’adonnes à la poésie ? Tu rédiges des poèmes ?

Lucas : Oui, j’en écrivais un petit peu, je faisais aussi un peu de slam, mais là j’ai arrêté.

P.M. : C’est quelque chose qui t’aide quand tu veux raconter une histoire avec tes programmes ?

Lucas : Oui, beaucoup. Ca m’aide surtout à communiquer à travers mon patinage. J’essaie de faire passer de l’émotion et un message par les gestes et les expressions du visage. C’est quelque chose qui fait partie de ma personnalité.

P.M. : Tu t’intéresses aussi à l’astronomie. Tu es fort en maths ?

Lucas : Pas du tout ! Les maths, j’ai arrêté ! (rires)

P.M. : Romane, quand tu dis que tu aimes les sports, lesquels pratiques tu ?

Romane : L’an dernier, après les entraînements, j’ai pris des cours de pole dance, de cerceau aérien. C’est super pour le gainage, le travail des bras, je trouve que c’est très gracieux.

Lucas : Tu aimes aussi beaucoup la gymnastique artistique.

Romane : Oui, car c’est assez proche du patinage sur le fond.

P.M. : Si demain, l’I.S.U. mettait tous les noms des patineurs seniors internationaux dans un chapeau, et que vous deviez tirer au sort un nouveau partenaire pour évoluer dans une compétition, sur qui aimeriez vous tomber ?

[Echange de regards incertains. Ils hésitent…]

P.M. : Bien entendu, vous ne pouvez pas tomber sur votre partenaire actuel !

Romane : J’aimerais bien Niccolo Macii !

Lucas : Alors je récupèrerais sa partenaire Sara Conti ! (rires) J’aime aussi beaucoup la Hongroise Maria Pavlova. On a aussi des modèles parmi les patineurs à la retraite comme Savchenko/Massot ou les couples chinois. Mais j’ai un peu de mal avec leur retour pas évident. Enfin, ce sont eux qui ont du mal ! (rires) On aime aussi beaucoup les Japonais Miura/Kihara.

P.M. : Kihara serait trop petit pour Romane…

Lucas : Oui et Miura serait trop petite pour moi, elle est vraiment minuscule mais du coup leur couple est très équilibré.

P.M. : Vous avez fait le temps de faire des études ?

Lucas : Oui, je suis en Staps. J'ai laissé tomber les maths pures, mais le reste, ça va !

Romane : Moi je suis en seconde ! Je suis encore jeune (rires)

P.M. : Vous avez des objectifs précis pour cette saison ?

Romane : On vit plutôt au jour le jour.

Lucas : On essaie surtout de se remettre en forme, de récupérer notre technique, car on a connu beaucoup de blessures. Le début de saison a été un peu dur. C'est toujours assez difficile mais on espère que la roue va tourner. On veut être prêts pour la Challenge Cup de Tilburg en janvier, où seront mises en jeu les deux places pour les Championnats du Monde. Notre objectif est de nous qualifier.

P.M. : Par le passé, vous avez été 9èmes, puis 7èmes, vous avancez de deux places par an, vous visez la 5ème place cette année ?

Lucas : Ce serait top et même extraordinaire. Mais le niveau cette année est très élevé avec la remontée des âges pour les participants. Les Canadiens sont super bons. On va bosser et faire au mieux, et on aura la place qu'on méritera ce jour là.

P.M. : Que pensez vous de l'état du patinage de couple en France ?

Lucas : Les couples français sont de plus en plus nombreux, surtout des jeunes, et c'est rare ! On a fait partie des premiers arrivés et beaucoup d'entre eux nous ont dit qu'on les avait inspirés pour cette discipline. Ca permet d'avoir une vraie relève, de la concurrence, de développer cette discipline qui ne l'est pas beaucoup en France et d'y mettre un peu plus de moyens. C'est cool pour tout le monde.

P.M. : Existe t'il un thème sur lequel vous aimeriez patiner, mais qui n'est pas adaptable en programme long ou court ?

Romane : Je pense que tout est patinable. On continue de penser à Charles Aznavour…

Lucas : Je crois que pour le moment nous n'avons pas encore la maturité pour ça.

Romane : La seule chose qu'on n'envisage pas, c'est tout ce qui passe à la radio en boucle. Pour moi c'est une horreur ! (rires)

Lucas : De toute façon, ce n'est pas souhaitable car ces musiques sont trop utilisées. Notre objectif est de trouver des thèmes originaux donc la pop radio, on raye ! Nous, on a besoin de faire un effort de recherche. Par exemple, beaucoup de couples patinent sur des musiques lentes. J'aime bien certaines musiques lentes mais c'est devenu trop commun. Notre objectif est de justement ne pas être communs. On essaie d'avoir une vraie recherche musicale.

P.M. : Si on vous dit que la discipline couple est la plus ingrate et la plus difficile, vous êtes d'accord ?

Romane et Lucas d'une seule voix : Oui !

Lucas : Déjà, c'est la plus dangereuse. Les accidents les plus graves se produisent en couple. Physiquement, ça demande beaucoup, c'est un sport très complet, tout le corps travaille à fond. Niveau cardio, c'est du lourd ! Comme on est deux, les problèmes sont multipliés par deux. Parfois on n'est pas en top forme en même temps. On s'adapte ! Les gens ne se rendent pas compte des difficultés de notre sport . J'ai des copains hors patinage qui disent : vous ne faites que glisser et tourner en rond (rires). Ils devraient essayer pour voir !

Note : Romane et Lucas vont finalement déclarer forfait pour ces championnats Elites, Lucas étant blessé à la cuisse.

Propos recueillis par Kate Royan - Briançon, 18 décembre 2025

French Junior runners-up and 4th place at last year's Grand Prix Final, Romane Télémaque and Lucas Coulon, have brought a fresh look to pair skating. They have just finished their first practice at the Briançon ice rink, and kindly agreed to play a little game of questions.

Patinage Magazine: Tell me how you build competition programs…

Lucas Coulon: We try to find music that we like, we define the style we want to skate to, and we look for a story to tell. We are already searching for our themes for next season because we really enjoy creating concepts, making sure our programs have meaning. We discuss it with our coaches and choreographer. Louis Thauron takes care of the choreography and skating skills; we create movements and transitions with him that allow us to stand out a bit.

P.M.: You skate your routine to “I Love Rock’n Roll” by Joan Jett, where did you get the idea?

Romane Télémaque: Initially, we had chosen Charles Aznavour. Then we went to a junior gathering in Austria, and when we presented the program, we saw that it wasn’t working. It was our coach [Emilie Télémaque, Romane’s mother] who suggested Joan Jett. We also thought about Queen, but Joan Jett won out.

P.M.
: I read some interesting things in your I.S.U. biography. Romane, for your hobbies, you like social media and sports, and Lucas, you love poetry? Do you write poems?

Lucas: Yes, I used to write a little, I also did a bit of slam, but I’ve stopped now.

P.M.: Is it something that helps you when you want to tell a story with your programs?

Lucas: Yes, a lot. It mainly helps me communicate through my skating. I try to convey emotion and a message through gestures and facial expressions. It’s something that’s part of my personality.

P.M.: You’re also interested in astronomy. Are you good at math?

Lucas: Not at all! I quit math! (laughs)

P.M.: Romane, when you say you like sports, which ones do you practice?

Romane: Last year, after practices, I took pole dance and aerial hoop classes. It’s great for core strength and working the arms, and I find it very graceful.

Lucas: You also really like artistic gymnastics.

Romane: Yes, because it’s the closest sport to skating on ice.

P.M.: If tomorrow, the I.S.U. put all the names of the international senior skaters in a hat, and you had to draw a new partner to compete with, who would you like to get?

[Exchange of uncertain glances. They hesitate…]

P.M.: Of course, you can't end up with your current partner!

Romane: I would love Niccolo Macii!

Lucas: Then I would take his partner Sara Conti! (laughs) I also really like the Hungarian Maria Pavlova. We also have role models among retired skaters like Savchenko/Massot or the Chinese pairs. But I struggle a bit with their tricky comeback. Well, it's them who are struggling! (laughs) We also really like the Japanese pair Miura/Kihara.

P.M.: Kihara would be too small for Romane…

Lucas: Yes, and Miura would be too small for me, she's really tiny, but that makes their pair very balanced.

P.M.: Have you time to pursue studies?

Lucas: Yes, I'm studying Sports Science. I dropped pure math, but the rest is fine!

Romane: I'm in tenth grade! I'm still young (laughs)

P.M.: Do you have specific goals for this season?

Romane: We live more day to day.

Lucas: We're mainly trying to get back in shape, to recover our technique, because we've had a lot of injuries. The beginning of the season was a bit tough. It's still quite difficult, but we hope things will turn around. We want to be ready for the Tilburg Challenge Cup in January, where the two spots for the World Championships will be at stake. Our goal is to qualify.

P.M.: In the past, you were 9th, then 7th, moving up two places each year. Are you aiming for 5th place this season?

Lucas: That would be great, even extraordinary. But the level this year is very high with the age raised for the participants. The Canadians are really good. We're going to work hard and do our best, and we'll get the place we deserve that day.

P.M.: What do you think about the state of pair skating in France?

Lucas: There are more and more French pairs, especially young ones, and that's rare! We were among the first to come up, and many of our peers have told us that we inspired them in this discipline. It allows for a real next generation, competition, for the development of this discipline which isn't very big in France, and to allocate a bit more resources to it. It's great for everyone.

P.M.: Is there a theme you would like to skate to, but that isn't suitable for a short or long program?

Romane: I think anything can be skated. We keep thinking about Charles Aznavour...

Lucas: I believe that for now we don't yet have the maturity for that.

Romane: The only thing we don’t consider is everything that’s played endlessly on the radio. For me, it’s awful! (laughs)

Lucas: Anyway, it’s not desirable because this music is overused. Our goal is to find original themes, so radio pop is out! We need to make an effort of research. For example, a lot of couples skate to slow music. I like slow music, but it’s become too common. Our goal is precisely not to be common. We try to do real musical research.

P.M.: If we tell you that the couple discipline is the most trying and most difficult, do you agree?

Romane and Lucas in unison: Yes!

Lucas: First of all, it's the most dangerous. The most serious accidents happen in pairs. Physically, it requires a lot; it's a very demanding sport, the whole body works hard. In terms of cardio, it's intense! Since there are two of us, the problems are doubled. Sometimes we're not in top shape at the same time. We adjust! People don't realize the difficulties of our sport. I have friends outside of skating who say: you just glide and spin in circles (laughs). They should try it to see!

Note: Romane and Lucas will ultimately withdraw from these Elite championships, with Lucas suffering a thigh injury.

By Kate Royan - Briançon, December 18 2025