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La nuit au moyen-âge | Jean Verdon

Encore un livre dont j’ai été en quête pendant des mois, voire des années, avant de finalement le trouver deux fois en deux jours.

Un peu d’histoire donc (de petite histoire, la mienne). J’ai lu un essai dont j’ai totalement oublié le titre au moment de démarrer la rédaction de cet article, et dont je me rappelais alors qu’il avait l’objectif de dénoncer la société de consommation.

Nouvelle digression : l’une des choses que j’ai apprises dans mon cours de neurosciences, c’est que le meilleur moyen de retrouver une information qui est “juste-là” et ne veut pas remonter, c’est d’arrêter de chercher. J’ai donc mis cet article de côté. Et quand j’y suis revenu pour en faire vérifier l’orthographe par mon assistant IA, le titre de l’essai m’est revenu : Les besoins artificiels, de Razmig Keucheyan.

C’est donc bien un essai sur le consumérisme, qui, au détour des griefs habituels à ce sujet (et assez tôt dans le livre pour que je me dise, finalement à tort, que l’auteur développait une pensée originale), fait une remarque pertinente sur le fait que la société occidentale moderne a éloigné l’homme de ce qui est probablement la seule expérience mystique universelle : la contemplation du ciel étoilé.

Il me semble en effet que quel que soit l’oeil avec lequel l’on regarde un ciel rempli d’étoiles, l’oeil monothéiste qui y décèle la puissance du Créateur, l’oeil polythéiste qui y voit mythes et dieux, l’oeil astrologique qui y voit l’avenir, l’oeil astronomique qui y voit un champ infini d’exploration, l’oeil qui aime simplement voir la beauté, et parfois sans doute un peu tous ces yeux à la fois, chacun de ces regards levés vers le ciel est une expérience profondément spirituelle.

Bref, c’est avec cette idée que je suis ressorti de cet essai qui a manifestement manqué son objectif avec moi — je n’essaie pas activement de détruire le capitalisme — et avec une question corollaire : c’était comment, la nuit, avant que la lumière artificielle ne soit partout ?

Et notamment, c’était comment au moyen-âge ? Puis j’ai entendu parler, ou lu quelque part, qu’il existait justement un livre à ce propos, fort justement intitulé La nuit au Moyen-Âge.

C’est l’un des opus que le médiéviste Jean Verdon consacre à l’époque (il semble s’être intéressé à de nombreux aspects de la vie de cette ère : Boire au Moyen-Âge, Rire au Moyen-Âge, L’amour au Moyen-Âge…).

Manifestement, le sujet ne passionne pas les foules, aucune édition récente n’était à vendre. J’ai donc déjà commencé par surmonter un blocage psychologique et me résoudre à l’acheter d’occasion. Modeste progrès, même ainsi, le livre restait très difficile à trouver — du moins, à un prix cohérent avec l’inspiration anticapitaliste de sa recherche, même en se rendant dans des librairies spécialisées de notre quartier pétri de librairies spécialisées.

Et finalement arriva le jour béni où je pus commander en ligne une version d’occasion au rapport qualité prix acceptable. Tout cela pour le voir deux jours plus tard sur l’étal d’un bouquiniste…

Puis le livre rejoignit pour quelque temps mon Tsundoku, avant que je me décide à le lire… Et me mette à regretter d’avoir autant investi pour un tel résultat.

J’attendais une analyse un peu détaillée des implications de la nuit noire, du rapport des gens de l’époque à la nuit, et de ses implications concrètes sur la vie des gens. Je n’eus qu’une suite d’anecdotes tirées de registres d’époques, sans commentaire ni autre effort qu’un rapprochement thématique…

Alors oui, je peux en tirer mes propres conclusions. Probablement qu’un médiéviste chevronné appréciera toutes ces anecdotes. Mais pour moi, ce livre est resté… obscur.

Photographie d'un livre dont je me séparerai bientôt.
Pour ne rien arranger, la couverture fait de fausses promesses sur le contenu du livre !

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