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Comme le temps passe | Robert Brasillach

Commençons par évacuer la question de l’auteur, qui, pour être moins sulfureux que Céline, reste un intellectuel fasciné par le fascisme, collaborateur et exécuté en tant que tel à la fin de la seconde guerre mondiale1, auquel des thuriféraires d’extrême droite rendent annuellement hommage sur sa tombe.

Je fais partie de ceux qui pensent que l’on peut apprécier une oeuvre quel que soit son auteur, et que cela ne vaut pas blanc seing de tout son être. Je suis conscient que ce n’est qu’une très modeste contribution à l’éternel débat “peut-on séparer l’oeuvre de l’artiste”, je n’ai pas l’ambition d’en traiter ici, peut-être une prochaine fois.

J’aime d’ailleurs m’exposer à tout le spectre de la pensée, avec un regard critique, je pense que c’est cela qui permet de se former justement des idées nuancées. Cela ne veut pas pour autant dire lire des pamphlets nauséabonds qui n’apportent rien.2

De toute façon, Comme le temps passe n’est pas une oeuvre politique, c’est un livre sur le temps qui passe (impossible de s’en douter vu le titre) et sur son effet sur les liens entre personnes, et notamment entre un homme et une femme unis par un lien qui s’avérera inéluctable.

C’est un très beau livre sur le sentiment amoureux, la façon dont il se forme dans la jeunesse, dont il peut se distendre avec la routine et les décisions banales de la vie, et dont il peut se réveiller avec les années, parce que certaines unions sont pour ainsi dire prédestinées. Un livre qui se lit avec plaisir malgré une plume un peu datée.

Une illustration de l’idée que “l’amour ne disparait jamais”.

  1. Malgré des protestations d’un grand nombre de personnalités culturelles de tout bord.

  2. Je ne lirai probablement jamais un pamphlet antisémite de Céline. Pour autant, Voyage au bout de la nuit est une oeuvre absolument magnifique et probablement le livre le plus poignant que j’ai lu sur l’absurdité de la guerre.

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