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Le mythe des protéines

Pourquoi la peur du « trop de viande » vient du laboratoire sur les rats — et n'a pas sa place chez le chien en bonne santé.

J'entends cette phrase depuis que je nourris des chiens. « Autant de viande, ça finit par ruiner les reins. » Tantôt le voisin, tantôt quelqu'un qui l'a lu quelque part, parfois avec l'index levé. Cela paraît raisonnable. Cela paraît prudent. Et c'est pourtant faux.

Je ne veux vendre aucune religion ici — ni pour ni contre l'alimentation crue. Je veux seulement répondre honnêtement à une question : est-ce que beaucoup de viande nuit au chien plus qu'elle ne lui profite ? Les données scientifiques sont plus claires que la plupart ne le pensent.

D'où vient cette peur

L'idée que beaucoup de protéines détruisent les reins ne vient pas du chien. Elle vient du rat — d'expériences des années 1920, où des rongeurs nourris d'une alimentation riche en protéines présentaient davantage de lésions rénales liées à l'âge. Cette observation a ensuite été simplement transposée au chien.

Seulement : un chien n'est pas un rat. Et ce n'est pas non plus un humain. La restriction protéique que l'on prescrit aux personnes malades provient du traitement de patients déjà gravement atteints d'insuffisance rénale. Là, moins de protéines soulage les symptômes — mais cela n'a pas causé la maladie. De cette thérapie humaine est née, par des détours, une prétendue protection pour les chiens en bonne santé. Une erreur de raisonnement qui persiste depuis des décennies.

Ce que montrent les études canines

La recherche a depuis longtemps démonté tout cela. Kenneth Bovee, de l'Université de Pennsylvanie, a analysé en 1999 dix expériences qui étudiaient le lien entre la quantité de protéines et la fonction rénale chez le chien. Sa conclusion : aucun indice solide que beaucoup de protéines nuisent aux reins d'un chien sain.

« L'effet protecteur d'une restriction protéique sur le rein sain est un mythe médical. » — d'après K. C. Bovee (1999), Université de Pennsylvanie

C'est encore plus net dans les cas extrêmes : à des chiens auxquels on avait retiré chirurgicalement 75 pour cent de la masse rénale, on a donné pendant quatre ans un régime apportant plus de la moitié des calories sous forme de protéines. Résultat : aucune dégradation de la fonction rénale. Dans l'une de ces études, ce sont justement les chiens à la plus forte teneur en protéines qui présentaient les meilleures valeurs rénales.

La raison est simple : le chien est un carnivore facultatif. Pour un chien aux reins sains, les protéines ne sont pas un facteur de stress, mais un nutriment principal. Son corps est fait pour cela.

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