Les émissions mondiales associées à la nourriture pour animaux de compagnie rivalisent avec celles d’un petit pays. Une nouvelle étude britannique révèle qu’une transition vers une alimentation à base de plantes pour les chiens pourrait réduire ces émissions par un facteur dix, sans compromettre la valeur nutritive de l’alimentation.
Par Emma Bryce (Abre numa nova janela)

Une équipe de recherche a identifié une nouvelle méthode pour réduire l’empreinte carbone de nos foyers : modifier l’alimentation de nos animaux de compagnie. Dans cette nouvelle étude, les scientifiques démontrent que, tout comme pour les humains (Abre numa nova janela), les animaux qui consomment principalement une alimentation à base de plantes ont une empreinte carbone beaucoup plus faible à celle des chiens consommant des aliments riches en viande rouge.
Un exemple marquant de l’étude illustre que nourrir un chien avec une alimentation riche en viande pendant toute sa vie adulte nécessite l’équivalent de 57 terrains de football en surface agricole, contre seulement 1,4 terrain pour un régime végétal.
Il peut sembler secondaire de s’attarder à l’alimentation des animaux de compagnie (Abre numa nova janela). Pourtant, en 2018, on estimait à près de 500 millions le nombre de chiens domestiques dans le monde. Si la production de nourriture nécessaire pour tous ces animaux formait un pays, celui-ci générerait autant d’émissions que les Philippines, selon d’autres recherches. À mesure que le nombre d’animaux de compagnie augmente, l’intérêt pour des aliments « haut de gamme » contenant davantage de protéines animales de qualité croît, tout comme l’impact global de la nourriture pour animaux.
Toutefois, les aliments pour chiens ne sont pas tous identiques dans leur composition, et c’est justement cette diversité que l’équipe a voulu explorer. Jusqu’à présent, aucune étude n’avait encore comparé les différentes formules disponibles au Royaume-Uni, un pays pourtant réputé pour son attachement aux chiens.
L’équipe de recherche a tout d’abord sélectionné 31 aliments secs pour chiens provenant de 27 marques disponibles au Royaume-Uni. Elle les a ensuite classés en quatre catégories : aliments à base de viande rouge (bœuf et agneau), aliments à base de volaille, aliments vétérinaires formulés pour les chiens atteints d’une insuffisance rénale, et aliments à base de plantes. En examinant 33 ingrédients clés communs à ces produits, l’équipe a pu évaluer l’impact environnemental de chaque formule sur l’ensemble de son cycle de vie : utilisation des terres, empreinte carbone, effets d’eutrophisation et d’acidification, et consommation d’eau douce.
Sans surprise, les régimes à base de plantes présentent l’empreinte la plus faible, tandis que ceux à base de viande rouge affichent la plus élevée. Les aliments à base de volaille et les régimes vétérinaires se situent quant à eux entre les deux (ces derniers étant semi-synthétiques, leur production est partiellement décorrélée de l’agriculture traditionnelle). Toutefois, c’est l’ampleur de l’écart qui frappe le plus.
Par exemple, les aliments à base d’agneau et de bœuf nécessitent respectivement environ 111 et 102 mètres carrés de terres pour produire 1 000 kcal de nourriture, soit plus de 37 fois la superficie nécessaire au régime à base de plantes, qui n’en exigeait que 2,73m². De même, les aliments à base de bœuf génèrent environ 31 kg d’équivalent CO₂ par 1 000 kcal, contre seulement 2,83 kg pour les aliments à base de plantes, soit plus de dix fois moins. Les régimes à base de volaille et les aliments vétérinaires affichent des émissions relativement faibles également, bien que deux fois supérieures à celle des régimes à base de plantes.
En matière d’eutrophisation (pollution des sols et de l’eau due aux nutriments agricoles) et d’acidification (réactions chimiques des engrais avec l’oxygène et l’eau provoquant une pollution atmosphérique), les aliments à base de plantes obtiennent également les meilleurs résultats — leurs impacts sont entre 14 et 16 fois inférieurs à ceux des aliments à base de bœuf.
La tendance se poursuit pour la consommation d’eau douce : les régimes à base d’agneau et de bœuf consomment le plus; respectivement plus de 500 et 600 litres d’eau par 1 000 kcal, contre 249 litres par 1 000 kcal pour les aliments à base de plantes.
Dans l’ensemble, les aliments à base de plantes présentent les impacts environnementaux les plus faibles selon tous les indicateurs analysés. Par ailleurs, selon des travaux antérieurs menés par la même équipe, les régimes à base de plantes conviennent parfaitement aux chiens (Abre numa nova janela) et sont tout aussi nutritifs que ceux centrés sur la viande.
Pour les personnes qui cherchent donc à réduire leur empreinte écologique, le message est clair : réévaluez l’alimentation de vos animaux de compagnie. À plus grande échelle, ce changement pourrait aussi devenir un levier important pour réduire l'empreinte écologique du secteur, écrivent les scientifiques. « Avec la hausse de la demande alimentaire mondiale et le nombre croissant d’animaux de compagnie, adopter des ingrédients à plus faible impact pour la nourriture animale sera essentiel pour réduire l’empreinte écologique du secteur. »
Source : Gardner et coll., « Environmental impact of feeding plant-based vs. meat-based dry dog foods in the United Kingdom (Abre numa nova janela) », Frontiers in Sustainable Food Systems, 2025.
Article original en anglais : https://www.anthropocenemagazine.org/2025/10/researchers-compare-the-footprint-of-meat-vs-plant-based-dog-foods-the-differences-were-staggering/ (Abre numa nova janela)
Suivez-nous sur :
🖤 Twitter (Abre numa nova janela) 💙 LinkedIn (Abre numa nova janela) 💜 Instagram (Abre numa nova janela)
(Abre numa nova janela)Anthropocène est la version française d’Anthropocene Magazine (Abre numa nova janela). La traduction française des articles est réalisée par le Service de traduction de l’Université Concordia (Abre numa nova janela), la Durabilité à l’Ère Numérique (Abre numa nova janela) et le pôle canadien de Future Earth (Abre numa nova janela).