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Grand Prix de France Angers 2025 - Programme court couples : la hiérarchie respectée

© I.S.U.
© I.S.U.

Dès les premières notes de musique, et en quelques mouvements esquissés, Riku Miura et Ryuichi Kihara nous montrent à quel point ils sont supérieurs au reste du (beau) plateau réuni en ce premier Grand Prix de la saison. Ce programme court, exécuté sur une version orchestrale de “Paint it black”, les Japonais le connaissent bien pour l’avoir déjà patiné la saison dernière. C’est lui qui leur a permis en grande partie de remporter leur second titre de champions du Monde et, à la vue de sa qualité, c’est finalement très logiquement qu’ils ont décidé de le reprendre en cette saison olympique. Voir patiner Riku et Ryuichi est un pur plaisir pour les yeux : leur vitesse de déplacement, l’amplitude et l’intensité de leur patinage impressionnent, tout semble évident aujourd’hui . Leur triple twist est de niveau 3 (et est tourné presqu’à l’horizontale) et gratifié de GOE largement positifs. Le triple flip lancé est précis et l’ensemble des éléments affichent des niveau 4. La seule erreur, minime mais habituelle, réside dans la légère sous rotation du triple boucle piqué exécuté par Riku. Ils prennent très logiquement la tête avec un score de 79,44 points.

Sur deux extraits du célèbre “Carmina Burana”, Deanna Stellato-Dudek et Maxime Deschamps ne sont pas en reste. Ils réalisent un programme court sans faute (74,26 points) : triple boucle piqué en parallèle (très légèrement désynchronisé à l’impulsion), un triple boucle lancé correctement exécuté et l’ensemble des éléments est de niveau 4. Mais c’est bien évidemment leur séquence de pas qui marque les esprits aujourd’hui, avec la réalisation par Deanna d’un backflip assisté. Ponctuant à perfection la musique, cet élément acrobatique vient néanmoins rompre la séquence qui manque, en conséquence, de continuité dans son déroulement. “Carmina Burana” oblige, le programme ne fait pas dans la subtilité mais l’histoire et le charisme de Deanna, désormais bien connus de tous,forcent toujours le respect.

S’il n’est pas étonnant de trouver les Hongrois Maria Pavlova et Alexei Sviatchenko en troisième place (70,15 points), la qualité du programme surprend agréablement. On les connaissait bon techniciens, on leur découvre de nouvelles qualités. Patinant sur “Earth Song” de Michael Jackson, ils ont gagné, en l’espace de quelques mois, en élégance, en osmose et en capacité à exprimer des émotions sur la glace. Dans le détail, ils réalisent un très beau triple twist (niveau 4), un triple boucle piqué parallèle à peine terni par une réception un peu raide de Maria, et un très beau triple Lutz lancé. Si les portés et la séquence de pas sont bien de niveau 4, la pirouette parallèle et la death spiral ne sont que de niveau 3.

Les Américains ne disposant que de deux quotas pour les Jeux olympiques dans la catégorie couples, l’ensemble de leurs équipes mène une rude bataille depuis le début de la saison. La hiérarchie des couples aux Etats-Unis est peu claire, et de nombreux couples mixtes voient peser sur leur éventuelle participation aux prochains J.O. l’incertitude d’obtenir la nationalité américaine dans les temps. Chaque compétition se veut ainsi une occasion de marquer des points en vue d’obtenir son ticket pour Milan. Aujourd’hui, ce sont Katie McBeath et Daniil Parkman (63,31 points) qui prennent légèrement l’ascendant sur Audrey Shin et Balazs Nagy (61,79 points).

Les trois couples français ferment la marche de la compétition, mais ils offrent tous les trois des programmes de qualité. En 6ème position, on retrouve Camille Kovalev et Pavel Kovalev (59 points) qui réalisent à nouveau un bon programme. Leur passage chez Bruno Massot est indubitablement une réussite. Leur triple twist a retrouvé de l’ampleur et de la sûreté (niveau 3), le triple flip lancé manque de glisse en réception mais est correctement réalisé et l’ensemble des éléments affichent des niveaux 3 ou 4. Leur programme, patiné sur “Une vie d’amour” par Mireille Matthieu et Charles Aznavour, pourrait paraître désuet mais il fonctionne admirablement bien, tant il s’en dégage de la sincérité. Malheureusement, Camille chute sur le triple boucle piqué parallèle, insuffisamment tourné. Aurélie Faula et Théo Belle (54,09 points) réalisent un programme sans faute majeure, mais ils multiplient les scories (triple salchow individuel retourné, main posée à la réception du triple salchow lancé ...) alors que le choix musical (plusieurs morceaux de Daft Punk) leur donne un cadre parfait pour s’exprimer pleinement sur la glace et soulever l’enthousiasme de la patinoire. Enfin, il convient de saluer les progrès remarquables réalisés par Megan Wessenberg et Denys Strekalin (50,41 points) depuis le début de la saison. Alors qu’ils ne patinent ensemble que depuis très peu de temps, ils passent ici la vitesse supérieure avec un triple twist de niveau 3 (entaché de GOE négatifs) alors qu’ils ne réalisaient jusqu’alors qu’un double, et leur triple boucle piqué parallèle est de bonne facture. Si des automatismes restent à acquérir, leur association est très prometteuse pour l’avenir.

Par Julien Polle

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