Ou l’histoire d’une passion récente, les variantes de Sudoku. Je pense qu’à peu près tout le monde connaît les Sudokus classiques, dans lesquels il faut remplir lignes, colonnes et boites avec les chiffres de 1 à 9 sans répétition.
Il se trouve qu’il y a tout un monde au-delà de ces sudokus, dans lequel, grâce à des règles spéciales (German Whisper, Parity Lines, Anti Knight, Thermometers, Skyscrapers, Killer cages, Fog of war etc.) il est possible de remplir une grille de sudoku qui ne contient aucun chiffre…
Voici un exemple ci-dessous, vous pouvez même cliquer sur l’image pour essayer vous-même (celui-ci est plutôt difficile, je n’ai pas réussi moi-même, ce n’est probablement pas la meilleure introduction à ce monde).
(Si apre in una nuova finestra)Je suis arrivé là tout à fait par hasard, parce que Youtube m’a un jour suggéré une vidéo de la chaine Cracking the cryptic (Si apre in una nuova finestra), dans laquelle un des deux animateurs, Simon, résout l’un de ces improbables Sudokus1.
Probablement que mon amour des chiffres et de la logique m’a fait regarder un peu fasciné cette vidéo. Et petit à petit je me suis mis à en regarder régulièrement.
Indépendamment de votre appétence pour l’exercice, je trouve ces vidéos hypnotisantes, ne serait-ce que pour la relaxante candeur et la bonhomie perpétuelle de Simon. Incroyable de le voir s’enthousiasmer pour le parcours d’un rat dans une grille de Sudoku (Si apre in una nuova finestra) !
Pendant longtemps, je n’ai fait que regarder ces vidéos. Certaines sont très longues (l’une dure 3 heures !) — mais je ne regarde Youtube qu’en x2. Le simple fait de voir Simon déduire le chemin logique de résolution sur la base de quelques règles me tenait en haleine. Et comme il s’attaque souvent aux puzzles les plus difficiles, je ne pensais pas avoir la moindre chance d’en résoudre un.
Et puis je suis tombé je ne sais plus comment sur deux ressources qui m’ont fait changer d’avis :
La newsletter (en anglais, donc je me permets) de James Sinclair, Artisanal Sudoku (Si apre in una nuova finestra) ;
Une série de sudokus sur le thème du Hobbit (Si apre in una nuova finestra) sur l’incroyable site Logic Master Deutschland (qui m’incite à croire que l’Allemagne est une terre d’élection pour la résolution de sudokus — placer ici un cliché sur la rigueur allemande).
(Si apre in una nuova finestra)Et dans cette série de Sudoku, il y en a eu un pour lequel je me suis pris au jeu, et comme les puzzles sont liés les uns aux autres, de fil en aiguille, j’ai fini par terminer la série. Ajouté au fait que dans sa newsletter, James Sinclair propose en général un premier puzzle abordable pour se faire la main, j’étais hameçonné.
Depuis, je me suis retrouvé à faire un peu ce que je fais avec les livres : accumuler des Sudoku à réaliser (sur autant d’onglets ouverts), puis me lancer dans une résolution, puis fermer l’onglet. J’ai parfois l’envie de “chroniquer” des Sudokus, mais je ne suis pas certain que cela touche une large audience. Peut-être ferai-je de temps en temps des recommandations.
Ce que je trouve intéressant avec ces règles spéciales, c’est qu’il faut souvent “casser” la logique du puzzle avant d’inscrire le moindre chiffre, puis enchainer les déductions, avant de parfois être coincé et recommencer. Cela fait forcément écho à ma passion de longue date des mathématiques : je l’avoue ici, il m’arrive de regarder sur Youtube (en x2 toujours) des vidéos de résolution de problèmes d’oraux de Maths Sup / Maths Spé, avec une pointe de nostalgie d’avoir perdu ma capacité à le faire moi-même, mais la satisfaction de comprendre encore, 20 ans après, les grandes lignes de la méthode.
Comme tous les articles de cette lettre, il parle de ce qui m’intéresse, mais en le démarrant, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin que “je suis un énorme geek des chiffres, j’aime les chiffres, j’aime les sudokus”. Alors je me suis lancé dans quelques recherches, qui sont, pour le coup, largement facilitées par l’IA. Je me suis dit qu’aller plus loin, c’était aussi continuer à entrainer ma plume, et poser quelques jalons pour mes ambitions littéraires (parce que je pense que l’on ne peut pas écrire LE roman sans faire un minimum de recherche). Savoir raconter de façon claire et engageante l’histoire d’une telle niche, comme le font très bien certains journalistes, c’est quand même un bon entrainement !
Mais cet article est déjà bien trop long, je garde donc pour une prochaine édition “De la spiritualité des chiffres — le sudoku comme expérience religieuse”, ou quelque chose d’approchant, c’est l’angle que j’ai choisi pour raconter cette histoire.
Il semble qu’il publie une vidéo par jour sans discontinuer depuis au moins 4 ans ! ↩