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La terre qui penche | Carole Martinez

Au risque de provoquer l'étonnement général de mes lecteurs fidèles, voici encore un livre dont je n'ai pas la moindre idée de la manière dont il a atterri dans mon Tsundoku.

Par contre, ce dont je me souviens, c'est l'avoir lu au moment où je me suis dit qu'il fallait que je note de brèves recensions de mes lectures — et avant que je décide de les partager avec le monde comme modeste contribution à l'amélioration de l'humanité. Voici donc in extenso ce que j'avais écrit :

L’histoire se déroule essentiellement au Moyen Âge. Elle est racontée sous la forme d’un dialogue entre une petite fille et son âme qui a vieilli. J’avoue que cette structure n’est pas à mon sens ce qui apporte le plus au récit, à part peut-être à une occasion ou deux. 

Par contre, là où ce livre est très fort, c’est d’abord dans le réalisme de sa description du Moyen Âge, de ses enjeux et de la vie intime des personnes de l’époque. Et dans la capacité à installer des éléments fantastiques qui s’intègrent parfaitement à ce cadre et auxquels l’on a envie de croire comme s’ils étaient parfaitement réels et logiques.

Une belle lecture, pleine d’onirisme et de mélancolie.

Je savais être concis à l'époque ! Et finalement, je n'ai pas beaucoup plus à dire sur ce roman. Par contre, exercice peut-être plus intéressant (et peut-être idée pour de futurs articles) : j'ai à dire des choses en relisant ce que j'avais écrit, et en le remettant dans la perspective de mes recensions depuis.

Et la première chose que je constate, c'est la répétition (d'une idée qui semble revenir en boucle). Et si je me demande quel sentiment j'associe à ce constat, il semble que ce soit la crainte. Qu'il me soit donc permis d'utiliser mon infolettre comme outil d'autoanalyse psychique.

Donc, disais-je, en lisant cette recension, je note clairement qu'un schéma émerge dans ce que je retiens des livres, à savoir la crédibilité de leur univers, et l'appréciation des univers qui sont à la frontière du réel, au-delà, mais pas trop. Mais n'est-ce pas le cas de tous les livres ? Et pourquoi suis-je aussi capable d'apprécier des livres profondément ancrés dans le réel, notamment tous ceux qui traitent de la deuxième guerre mondiale ? Que de questions à mon propre propos.

Question plus prégnante : pourquoi crains-je tant la répétition, que je la pourchasse dans mes écrits et la détecte dans mes séries ? Ma croyance derrière, c'est que la répétition, c'est l'ennui, que si vous lisez à chaque article "quel livre incroyable réaliste mais pas trop avec des super personnages", mon nombre d'abonnés va finir par baisser drastiquement plutôt que de monter vers les sommets que ma plume mérite sans aucun doute.

Est-ce que ces deux constats ne sont pas liés finalement, que j'aime ces livres qui ont une forme de folie, d'imprévisibilité, et que j'aimerais y ressembler dans mon écriture ?

N'est-ce pas, en conclusion, la confirmation qu'il faut que j'écrive comme j'en ai envie, sans limite, sans contrainte, et que cela se traduira parfois par des répétitions, parfois par des textes qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux, parfois par quelques lignes sages, parfois par de longs textes corrosifs ? Ne dois-je pas me défaire de toute crainte que l'humour ne passe pas à l'écrit et que ce que j'écris donne une "mauvaise image" ?

Merci en tout cas d'avoir lu cette séance d'autoanalyse, qui me rappelle une autre vertu de l'écriture. Ma conclusion : continuer d'écrire. Quant à La Terre qui penche, lisez-le si vous voulez. Vous aurez compris que ce n'était pas le sujet.

P.S. : si vous connaissez quelqu'un qui hésite à écrire, cet article l'intéressera sans doute !

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