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Tsundoku | Impressions d’impressions

J’adore lire. Plus jeune, j’ai eu des “périodes”, principalement deux grandes, l’une dédiée à la SF (Asimov, P.K. Dick, etc.), l’autre à des polars, notamment beaucoup de Patricia Cornwell.

J’ai aussi eu une longue période au cours de laquelle je lisais beaucoup moins. Et depuis quelque années, je m’y suis remis avec beaucoup plus de sérieux, et avec une approche inspirée par le mot japonais “Tsundoku” — toujours pratique d’avoir un mot japonais pour se justifier, ça donne une profondeur et un exotisme à ce qui serait sinon une manie un peu étrange.

Bref, je passe par différentes phases d’accumulations. D’abord, de recommandations. J’ai diverses sources qui me mettent en contact avec des suggestions de livres à lire, notamment des contacts et des infolettres. Ensuite, j’accumule physiquement les livres en en achetant un grand nombre d’un coup, cette pile constituant mon Tsundoku. Et enfin, je dépile en choisissant un par un les livre à lire. Lorsque la pile est trop petite, je la complète à nouveau avec un achat des livres qui se sont accumulés dans ma liste de recommandations.

Pourquoi cette longue introduction ? Pour expliquer que lorsque je commence un livre, je n’ai généralement plus aucune idée de ce dont il parle, ni de la raison pour laquelle je l’ai acheté, ni même de certitude qu’il corresponde à mes goûts. Je l’aborde avec une page blanche, sur laquelle va se produire une impression.

C’est le constat que j’ai fait après des années de lecture : un livre va laisser sur moi une impression, que j’ai souvent du mal à décrire. Je serai, avec le temps, probablement incapable de donner des détails de l’histoire, des personnages, ou de le résumé efficacement. Mais cette impression, l’univers dans lequel j’ai été happé ou non, l’humour féroce ou la mélancolie sublime restent ancrés des années pour les livres qui m’ont marqué.1

Je ressens aujourd’hui l’envie de clarifier et de converser peut-être un peu plus clairement avec les années ces impressions. D’où le choix de les écrire, et de les partager, pour les ancrer un peu plus, et peut-être y revenir des années après — même si j’ai pour principe de ne jamais relire un livre. C’est donc la raison d’être de cette catégorie, et elle démarrera avec Serge, de Yasmina Reza.

Mon Tsundoku
  1. A titre d’illustration, si l’on me demande quel est mon livre préféré, je répondrai sans hésiter “La conjuration des imbéciles”. Si l’on m’en demande un résumé, je ne serai pas capable de dire beaucoup qu’il s’agit de l’histoire d’un personnage imbu de lui-même et inadapté au monde, et de la drôlerie des situations que cela génère. Et si vous me demandez pourquoi j’aime ce livre, je dirais que c’est pour son humour et l’espèce de cynisme triste qui s’en dégage.

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