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De résidus agricoles à vêtements : une première étape pour cette nouvelle recherche

Du chaume de blé aux coques d’avoine, en passant par la pomme de terre et la betterave sucrière, des scientifiques identifient des candidats prometteurs pour produire de futures fibres textiles à partir de déchets agricoles.

Par Emma Bryce (Si apre in una nuova finestra)

Un groupe de recherche est tombé sur une solution créative pour valoriser les résidus agricoles : les transformer en textile.

Dans une nouvelle étude, l’équipe démontre que les flux de résidus agricoles peuvent produire une pâte prometteuse, pouvant être convertie en fibres textiles. Cette approche pourrait réduire la dépendance au coton, très gourmande en eau, ainsi qu’aux fibres de bois, dont la demande est déjà élevée pour d’autres usages.

L’étude a été menée en Suède, où près du tiers des terres agricoles sont consacrées aux cultures céréalières, notamment l’avoine et le blé. Une part des terres agricoles restantes est dédiée aux pommes de terre et à la betterave à sucre. Compte tenu des flux réguliers de résidus générés par ces quatre cultures, l’équipe a vu une occasion de combler le « déficit en cellulose » causé par la demande croissante et l’offre limitée de coton à l’échelle mondiale.

Les expériences ont débuté avec des échantillons de chacune de ces cultures, fournis principalement par des industries locales, sous forme de chaume de blé, de coques d’avoine, de pulpe de pommes de terre et de betteraves pressées. Chaque échantillon a été séché, puis soumis à un procédé en plusieurs étapes incluant une phase appelée soda pulping « fabrication de pâte à la soude ». Dans ce procédé, les échantillons sont bouillis dans une lessive alcaline, ce qui permet de libérer les fibres de cellulose en dissolvant la lignine qui les lie entre elles.

Un avantage du soda pulping est qu’il est moins intensif en produits chimiques que les procédés conçus pour extraire la cellulose du bois, aujourd’hui de plus en plus utilisé pour fabriquer des fibres textiles (Si apre in una nuova finestra).

Sur chaque échantillon de pâte végétale obtenu, l’équipe a quantifié la teneur en carbone et réalisé une analyse des fibres. Cela a démontré que la betterave et la pomme de terre avaient une structure fibreuse moins définie que le blé et l’avoine. L’équipe a donc décidé de poursuivre uniquement avec ces deux dernières cultures. Des traitements supplémentaires ont permis de transformer avec succès ces matières en une substance pâteuse appelée « pâte à dissoudre » (dissolving pulp), qui peut ensuite être convertie en fibres textiles.

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L’équipe ne s’intéressait pas seulement à la possibilité de transformer les résidus agricoles en fibres de textile, mais aussi à l’empreinte environnementale de ce matériau potentiel. Une analyse du cycle de vie réalisée sur la pâte de blé et d’avoine a dressé un tableau mitigé : bien que ces pâtes présentent une empreinte relativement faible, elles contribuent néanmoins davantage aux changements climatiques que les fibres dérivées du bois.

Cela s’explique par le fait que la culture agricole génère davantage d’émissions de gaz à effet de serre en raison des engrais et d’autres intrants, alors que les plantations forestières nécessitent moins d’intrants et séquestrent en plus une quantité importante de carbone durant leur croissance. Cela dit, selon plusieurs autres indicateurs mesurés dans l’analyse du cycle de vie, la pâte de blé est particulièrement performante, surpassant même le bois.

D’autres arguments de durabilité plaident pour une augmentation de la part de fibres issues de résidus agricoles dans la fabrication de textiles. Le bois est notamment déjà considéré comme une ressource précieuse pour de nombreux usages, peut-être plus durables, dont les matériaux de construction. L’utiliser pour combler le déficit en cellulose pourrait le détourner de ces usages plus prioritaires, souligne l’équipe. Quant aux résidus agricoles, ils pourraient réduire la demande de coton et ainsi diminuer l’intensité en eau de cette culture et de nos vêtements.

Enfin, bien que les résidus agricoles soient souvent recyclés comme paillis dans les champs, utilisés pour nourrir les animaux ou même pour fabriquer des matériaux de construction, une grande partie finit simplement brûlée. Transformer cette ressource en fibres textiles apparaît alors comme une alternative nettement plus avantageuse, suggère l’étude.

Beaucoup reste à faire avant que les résidus agricoles ne se transforment en vêtements, mais l’étude constitue une première étape, démontrant que la mode durable est à notre portée. « Il serait vraiment regrettable de négliger cette opportunité d’utiliser ce type de flux cellulosique pour nos vêtements de demain », affirme l’équipe (Si apre in una nuova finestra).

Source : Bernin et coll., « Producing dissolving pulp from agricultural waste (Si apre in una nuova finestra) », RCS Sustainability, 2025.

Article original en anglais : https://www.anthropocenemagazine.org/2025/06/from-crop-waste-to-clothing-new-research-takes-a-first-step/ (Si apre in una nuova finestra)

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Anthropocène est la version française d’Anthropocene Magazine (Si apre in una nuova finestra). La traduction française des articles est réalisée par le Service de traduction de l’Université Concordia (Si apre in una nuova finestra), la Durabilité à l’Ère Numérique (Si apre in una nuova finestra) et le pôle canadien de Future Earth (Si apre in una nuova finestra).