
Comparée à ses concurrentes, Niina Petrokina est, en effet, sur une autre planète. Elle persiste, signe, et gagne son second titre européen d’affilée. Elle a conservé son programme libre de l’an dernier sur “Dune” et il est aussi propre que Niina est lumineuse. Les difficultés s’enchaînent sans le moindre heurt, idéalement placées sur la musique. Finesse de glisse, puissance et charme, elle écrase ses concurrentes avec un score de 145.53 et plus de dix sept points d’avance. “Mon premier titre a été un choc. Je suis venue ici pour le garder et montrer de quoi je suis capable. En Estonie, on m’a dit que gagner deux fois de suite était irréalisable. Je suis venue prouver le contraire. Quand j’ai entamé mon programme, la foule m’a tant acclamée que je me suis crue à Tallinn l’an dernier !”

Loena Hendrickx était déçue, à raison, de son court. On ne pourra pas lui reprocher de manquer de courage ni de détermination. Sur “La Alegria” de Yasmi Levi, elle se bat comme une lionne pour remonter de deux places, atteindre la 3ème (127.92) et le podium qu’elle occupe sur la seconde marche (191.26). Loena n’aura pas récupéré son titre de 2024 mais peut être fière de son résultat, après une saison blanche causée par une blessure et une opération. “Après les précédentes, je savais que je pouvais revenir. Là… Je suis rassurée de constater que j’ai pu retrouver un bon niveau. J’étais nerveuse aujourd’hui, ça a été difficile, je suis un peu malade, je tousse. Je vais maintenant me concentrer sur les Jeux Olympiques et faire comme d’habitude : travailler dur, croire en moi et essayer d’apprécier chaque minute”.

Au truchement des places, Lara Naki Gutmann décroche une jolie médaille de bronze (123.12/186.87) dont elle est la première surprise. “La première partie de ma saison a été difficile. Mon coach me dit toujours d’avoir confiance en moi, en mon travail, que je suis prête”. Lara patine sur la musique des “Dents de la Mer” et, comme au Skate America, les requins en peluche pleuvent sur la glace. “Je ne sais pas comment je vais faire, mais je veux tous les ramener en Italie, comme je l’ai fait des USA. Ma chambre en est déjà pleine, mais je veux les garder !” Il faudra, par contre, qu’elle pense à se débarrasser des carres douteuses de ses triples Lutz.
Nina Pinzarrone recule d’un cran par rapport à l’an dernier. Elle aussi a conservé son ancien libre, sur l’émouvant thème de la “Servante Ecarlate”. Une avalanche de quarters et de sous rotations, additionnée d’une chute (triple boucle), l’éjecte au 8ème rang du libre (120.43) alors qu’à l’issue du court, elle prétendait à une médaille. Un total de 185.40 la laisse juste au pied du podium.
Qui aurait parié sur Anastasiia Gubanova après son court calamiteux ? Pas moi… J’aurais eu tort. La Géorgienne donne tout ce qu’elle a pour remonter de la 11ème place du court au 2ème rang du libre (128.19), et terminer 5ème (184.36). Le thème de “Ghost” est un peu mièvre et les sous rotations nombreuses, mais le programme reste agréable à voir, ne serait ce que pour la combativité d’Anastasiia. Sarina Joos est 5ème (121.94) aujourd’hui avec une prestation à peine entachée d’un triple Lutz réceptionné sur le quart. Elle termine 6ème au classement général (180.84). Kimmy Repond, elle, chute de trois étages (6ème du court) pour atterrir 9ème (118.61) et 7ème au final (177.89). Autre dégringolade, celle-ci spectaculaire : celle d’Anna Pezzetta qu’on avait imaginée un instant sur, ou tout près, du podium. Et tout ceci, sans chute physique, seulement à coups de déductions. 13ème du libre (112.29), elle finit 8ème (177.14), juste devant Ekaterina Kurakova (175.15).

Les Françaises sont toutes deux en difficulté. Léa Serna, s’en tire cependant beaucoup mieux que lors du court, avec une seule erreur, mais elle est lourde : quarter et chute sur triple flip, qu’elle ne peut donc pas passer en combinaison et qui est “REP” (répétition prohibée). 16ème aujourd’hui (101.37), elle termine 15ème (157.09), loin de ses scores récents.

A l’issue d’un programme pas loin d’être cauchemardesque, entamé avec une chute sur triple Lutz, Lorine Schild voit ses grades d’exécution fondre comme neige au soleil. Elle plonge au 18ème rang (97.15), quasiment 30 points en dessous de son record saisonnier. Elle est également 18ème au classement final (153.29), à des années lumières de ses possibilités. Une compétition à très vite oublier pour les deux tricolores.
Par Kate Royan - Sheffield, 16 janvier 2026
Classement programme libre, général, et scores détaillés (S'ouvre dans une nouvelle fenêtre)