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Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton

Décidément, les expositions à la Fondation Vuitton sont toujours d’une grande qualité ! La rétrospective en cours — et qui encore une fois, toutes mes excuses, se termine bientôt — consacrée à Gerhard Richter ne fait à mes yeux pas exception.

Je m’y suis rendu (à vélo) avec assez peu d’attentes, le nom Richter m’évoquant surtout le prénom Max et la magnifique réinterprétation moderne des Quatre Saisons de Vivaldi, et donc plus largement la musique classique contemporaine (domaine dans lequel j’ai de grandes lacunes).

Il s’agit d’une rétrospective chronologique, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Richter (je n’ai pas envie de passer l’article à me demander où est le “h” dans son prénom) est un peintre — voire un artiste — éclectique. Rares sont les expositions où l’on peut voir à quelques mètres d’intervalles, et du même artiste, par exemple ça :

puis ça :

puis un peu plus loin, ceci :

Je garde le souvenir de rétrospectives consacrées à des artistes modernes ou contemporains qui ont la vertu de montrer ce que j’appelle leur “chemin vers l’abstraction”. Picasso, Rothko, Pollock, Kandinsky ou de Staël ne sont pas des peintres abstraits parce que l’abstraction était à la mode à leur époque ou parce qu’ils voulaient se singulariser. Ils ont commencé par explorer le figuratif avec talent et leurs pratiques, leurs recherches, leurs expérimentations les ont petit à petit menés à une forme d’abstraction comme mode d’expression de leur art — et certains comme de Staël sont revenus au figuratif à la fin de leur carrière. Ce n’est pas un chemin unique, mais c’est un schéma que j’ai vu se répéter souvent d’une exposition à l’autre.

Je ressors avec l’impression que Richter a suivi un chemin différent, naviguant de la figuration à l’abstraction tout au long de sa carrière. D’ailleurs, pour être tout à fait honnête, ce ne sont pas ses peintures abstraites qui me touchent le plus. Je sais à quel point cette comparaison est détestable lorsque l’on parle d’art contemporain, mais j’ai réellement eu parfois le sentiment que cela ressemblait à ce que j’ai spontanément fait lorsque l’on m’a parlé de l’art abstrait à 8 ans. Entendons-nous bien : je ne dis pas “mon gosse de 5 ans ferait la même chose”, je dis qu’elles ont résonné en moi avec un souvenir qui ne m’aide pas à les apprécier.

C’est le cas de celle que j’ai mise en illustration plus haut, mais certaines néanmoins sont captivantes, par exemple celle-ci que j’aime beaucoup :

Ma femme m’a fait une remarque très pertinente, qui m’a aidé à mieux comprendre aussi mon propre goût. Elle est, et je pense donc l’être aussi, plus sensible au travail sur la couleur qu’au travail sur la matière. Plus susceptible donc, d’apprécier Rothko que Soulages.

Richter a fait beaucoup de travail sur la couleur, sous différentes formes, jusqu’à un vitrail pour la cathédrale de Cologne (Abre numa nova janela). C’est aussi un plasticien intéressant, et il est capable de magnifiques oeuvres figuratives.

Il peint d’après photos, dont des photos de magazines. J’ai été content de voir un visage que j’ai vu sur l’un de mes livres préférés, le Journal de Franz Kafka — auteur dont il faudra que je parle plus largement !

Les quelques (médiocres) photos que j’ai mises dans cet article ne sont qu’un aperçu. L’exposition vaut le détour pour découvrir le travail d’un peintre singulier et l’un des artistes vivants les plus importants au monde.

Tópico Exposé d'une exposition